Mort de Jean-Paul Belmondo : disparition de l'un des derniers monstres du cinéma français

Mort de Jean-Paul Belmondo : disparition de l'un des derniers monstres du cinéma français

Triste nouvelle aujourd'hui pour le cinéma français. Le comédien Jean-Paul Belmondo est décédé à Paris à son domicile, à l'âge de 88 ans. Retour sur la carrière d'un monstre sacré du septième art, qui a fait vibrer de nombreuses générations de cinéphiles.

Jean-Paul Belmondo : des débuts remarqués

Celui qu'on surnommait Bébel était l'un des derniers grands monstres du cinéma français. Né en 1933, Jean-Paul Belmondo s'est éteint à l'âge de 88 ans, a annoncé son avocat ce lundi 6 septembre 2021 à l'AFP. Diminué depuis 2001 après un accident vasculaire cérébral, Jean-Paul Belmondo s'était fait depuis très rare sur les écrans. Pourtant, le cinéma français ne serait rien sans lui. En plus de soixante ans de carrière, le comédien a tourné avec les plus grands metteurs en scène et dans des genres extrêmement variés.

Jean-Paul Belmondo
Jean-Paul Belmondo ©Le Matin

Issu d'une famille d'artistes (son père était sculpteur et sa mère artiste peintre), Jean-Paul Belmondo pense pendant un temps à faire une carrière sportive, mais s'oriente finalement vers la comédie. Pourtant, sa petite carrière professionnelle dans le monde de la boxe s'est avérée être un succès. Réputée pour avoir une forme physique olympique, Jean-Paul Belmondo se fait rapidement connaître pour réaliser ses cascades lui-même dans le monde du cinéma. Dès 1951, il entre au conservatoire national d'art dramatique et rencontre de futures figures du cinéma français telles que Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort ou encore Claude Rich. Bébel fait sa première apparition à l'écran en 1957 dans À pied, à cheval et en voiture de Maurice Delbez. Après quelques apparitions dans des petits rôles, il obtient son premier rôle majeur dans Classe tous risques. Mais c'est en 1959 qu'il perce réellement auprès du grand public dans l'emblématique film de Jean-Luc Godard : A bout de souffle. Dès lors, sa carrière est lancée, et Jean-Paul Belmondo tourne avec les plus grands.

L'homme à tout faire

Ainsi, grâce au succès de À bout de souffle, Jean-Paul Belmondo envahit très rapidement les écrans. Ses fans peuvent alors le voir dans des long-métrages emblématiques comme L'Homme de Rio de Philippe de Broca, La Sirène du Mississippi de François Truffaut, Peur sur la Ville d'Henri Verneuil, Flic ou voyou et Le Professionnel de Georges Lautner, L'As des As de Gérard Oury ou encore Le Magnifique toujours de Philippe de Broca. Il recroisera évidemment la route du cinéaste qui l'a révélé, Jean-Luc Godard, notamment à l'occasion de Pierrot le fou en 1965.

Jean-Paul Belmondo
Jean-Paul Belmondo ©Le Journal de Saône et Loire

Les années 1990 se font un peu plus ternes pour le comédien. Ça ne l'empêche pas de tourner cependant dans quelques films inoubliables de l'époque comme Les Misérables de Claude Lelouch. En 1998, on le retrouve également aux côtés d'Alain Delon (autre monstre sacré) dans Une chance sur deux de Patrice Leconte. Puis, il participe à Les acteurs de Bertrand Blier en 2000, peu de temps avant son accident cérébral, qui l'empêche de fouler de nouveaux les plateaux de cinéma. Mais les années 1990 sont surtout marquées par une carrière théâtrale, puisqu'il a connu un immense triomphe en incarnant Cyrano de Bergerac sur les planches. Sa dernière apparition à l'écran remonte à 2009, où il tenait le rôle principal du film Un homme et son chien de Francis Huster.

Ainsi, c'est une étoile qui s'éteint, plongeant le monde du cinéma dans le noir. Son avocat, ni sa famille, ne se sont pour le moment exprimés sur les causes de son décès. Pour l'éternité, Bébel aura marqué le septième art, et a notamment remporté deux César. L'un en 1989 pour Itinéraire d'un enfant gâté et l'autre en 2017 pour l'ensemble de sa carrière.

 

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