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Cannes 2019 – Zhang Ziyi : « mes parents ne m’encourageaient pas »

Zhang Ziyi - 72nd Festival of Cannes 2019. © Isabelle Vautier

L’actrice chinoise Zhang Ziyi, révélée avec « Tigre et dragon » sera prochainement à l’affiche de « Godzilla 2 ». Elle était présente lors du 72e festival de Cannes pour participer à une rencontre animée par Yves Montmayeur. Durant cette rencontre, la comédienne est revenue sur son parcours.

Depuis vingt ans, Zhang Ziyi est une figure importante du cinéma chinois. On l’a découverte avec Tigre et dragon d’Ang Lee, ce qui lui a permis par la suite de travailler avec les grands réalisateurs chinois, Wong Kar-wai (2046, The Grandmaster) et Zhang Yimou (Le Secret des poignards volants, Hero). De plus, son succès en Chine lui a ouvert les portes d’Hollywood, avec une apparition dans Rush Hour 2, et surtout en étant le premier rôle de Mémoires d’une geisha. Enfin, on pourra la retrouver prochainement dans Godzilla 2, qui marque son retour dans une grosse production américaine. Présente durant le 72e festival de Cannes, l’actrice revient sur son parcours.

Sur son enfance et son caractère

Je suis née dans une famille très traditionnelle. Ma mère était professeure, et mon père travaillait pour le gouvernement comme économiste. Il devait travailler beaucoup et c’était assez exceptionnel pour nous d’aller au cinéma ou à un concert. Nous n’avions pas une vie de luxe. Ensuite, mes parents ne m’ont jamais montré beaucoup de soutien. Ils ne m’ont pas encouragé à aller vers le métier d’actrice. Même après mon succès, ils m’ont rarement félicitée mais ont continué à se montrer plus exigeants. Donc j’ai pris l’habitude de l’être avec moi-même. Dans ce contexte, l’héroïne de Tigre et dragon est assez proche de moi.

Sur sa révélation avec Tigre et dragon

Pour le tournage de Tigre et dragon, je n’avais aucun plan, je m’y suis retrouvée par hasard. J’ai eu la chance de revoir le film récemment et je me suis rendu compte que les sujets qu’évoquait Ang Lee sont toujours d’actualité. A savoir être soi-même et comment réagir quand on est confronté au véritable amour. A l’époque, j’avais 19 ans, je ne comprenais pas totalement ce que voulait dire Ang Lee. De même par rapport aux arts martiaux que je ne maîtrisais pas bien. J’essayais juste de faire au mieux.

Sur le choix d’Ang Lee

A l’époque j’étais étudiante au centre d’art dramatique chinois et j’avais terminé le tournage de mon premier film. J’ai entendu dire qu’un de mes professeurs avait envoyé ma photo à Ang Lee mais qu’il l’a jeté. Mais c’est Zhang Yimou qui l’a conseillé et c’est lui qui a changé la donne. Je lui dois beaucoup.

Sur le point commun de ses rôles

La plupart des rôles que j’ai interprétés ont pour point commun la persévérance. Quand je les joue, j’ai une sensation de sécurité en moi. Avant, je m’abandonnais dans mes rôles. Désormais j’ai plus de recul.

J’aimerais qu’Hollywood propose davantage de vrais rôles aux Asiatiques.

Sur sa rencontre avec Wong Kar-wai pour 2046

Wong Kar-wai a joué un rôle très important dans ma carrière. Parmi tous les metteurs en scène, je pense que c’est celui qui me connaît le mieux. La première fois que j’ai travaillé avec lui c’était en 2004. Quand je l’ai rencontré, je n’ai pas pu voir ses yeux car il les cache derrière des lunettes. Pour une jeune actrice c’est très perturbant. En plus il fallait trois heures chaque jour pour s’habiller et se maquiller. Pour les coiffures je devais rester dans une sorte de machine à vapeur pendant une heure, c’était de la torture (rires, NDLR). Et pendant ce temps de préparation je n’avais même pas de scénario, pas de dialogue à travailler. J’avais assez peur car je n’avais pas de repères, je ne savais même pas quel rôle je devais jouer. Mais en même temps j’ai un instinct de survie qui m’aide à ne pas lâcher, à passer outre. Et un jour, finalement, Wong Kar-wai a fini par retirer ses lunettes. Je suis restée les yeux grands ouverts, et ça a suffi à me calmer pour le reste du tournage.

Sur sa seconde expérience avec le réalisateur sur The Grandmaster

Quand j’ai tourné The Grandmaster, c’était un moment difficile pour moi. J’étais dans un état anxieux, presque mélancolique durant le tournage. Un jour j’ai osé lui demander une journée de repos alors qu’on était en plein tournage. C’était compliqué mais il a été d’accord. Il savait que j’étais dans un état difficile, dépressif, et il m’a dit de revenir quand je le voulais. On a une relation spéciale. C’est un ami important pour moi. Quand j’étais enceinte de cinq mois, il a été la première personne à être au courant. C’est une grande chance de le connaître.

Zhang Ziyi – 72nd Festival of Cannes 2019. © Isabelle Vautier

Sur sa capacité à alterner grosse production et travail avec de nouveaux talents.

Je ne suis pas quelqu’un qui a un plan de carrière, ni quelqu’un d’ambitieux. Si je choisis un projet c’est parce qu’il y a un élément dedans qui me touche. J’ai toujours le même esprit, peu importe le film, à savoir essayer de donner le meilleur pour le film.

Sur les critiques et le rapport entre les actrices en Chine

J’ai subi beaucoup de pression dans ma carrière. Mais je ne suis pas un cas isolé. Quand on est jeune et qu’on a immédiatement un grand succès, les gens pensent qu’on est juste ambitieux et ne voient pas les efforts qui ont été fait. Ensuite, avec les autres actrices, je pense qu’il y a de la compétition dans tous les métiers. Mais je n’ai jamais vraiment fait attention à ce point.

Sur son travail à l’étranger

Parfois on n’a pas besoin de réfléchir pour accepter un rôle. Pour Rush Hour 2 par exemple, on m’offrait la possibilité de travailler avec Jackie Chan et de voir Hollywood, ça suffit à se décider. Mais ensuite ils m’ont catalogué en actrice d’action qui fait du kung fu. J’ai donc décidé de faire autre chose pour ne pas rester dans ce type de rôle. Pour Mémoires d’une Geisha, je pense que c’est le genre de rôle qui rend fier. Simplement parce que c’est très rare dans un film hollywoodien qu’une Asiatique ait un rôle principal. En tant qu’actrice chinoise j’aimerais qu’Hollywood propose davantage de vrais rôles aux Asiatiques, des vrais personnages à jouer.

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