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Entretien avec le réalisateur de The Great Battle, Kim Kwang-sik

Cette année le festival du film coréen à Paris s’offrait en ouverture l’un des gros succès de l’année en Corée : « The Great Battle ». Un film de guerre historique porté par des scènes d’action fabuleuses. Présent à Paris, son réalisateur, Kim Kwang-sik, nous a accordé un entretien dans lequel il nous livre les secrets de son film.

Avec ses cinq millions d’entrées au box-office coréen, on pouvait s’attendre à ce que le réalisateur de The Great Battle, Kim Kwang-sik, se montre un peu trop sûr de lui. Mais ce serait bien mal connaître les personnalités du cinéma coréen. Pour la plupart, que nous pouvons généralement rencontrer durant le festival du film coréen à Paris, qu’ils soient des stars dans leur pays ou venus présenter leur premier film, ils s’avèrent toutes d’une grande simplicité. Kim Kwang-sik vient confirmer ce sentiment.

C’est ainsi un cinéaste souriant, taquin autant avec nous qu’avec son producteur, pas avare en plaisanterie, et pour le moins honnête, avec qui nous avons pu nous entretenir au sujet de The Great Battle, fresque épique dans laquelle une poignée de soldats doivent défendre une forteresse contre une immense armée – voir notre critique.

 

Vous avez commencé avec une comédie romantique (My Dear Desperado), puis un thriller (Tabloid Truth), et maintenant vous passez à un grand film de guerre historique avec The Great Battle. Est-ce qu’il n’y a pas un genre qui vous attire plus qu’un autre ?

Non, je n’ai pas vraiment de genre de prédilection. Pour moi, le cinéma est un média visuel. Il faut que ça tourne autour de l’image. Et c’était le cas dès mon premier film. Je pourrais faire la comparaison avec les films de James Cameron. Il a tendance à développer ses histoires tout au long de son film, mais il a toujours ce côté expérimentation visuelle. Ce qui, moi, m’intéresse le plus. C’est ce que je cherche toujours quel que soit le film en fait. Même si The Great Battle m’a, plus que les autres, aidé à m’épanouir sur ce côté visuel.

 

En termes de budget et de moyens nécessaires pour un film comme The Great Battle, vous êtes dans une catégorie différente de vos précédents films. Comment vous-y-êtes-vous préparés ?

Effectivement, c’est un film à gros budget, mais en réalité, pour faire vraiment ce que je voulais, à savoir filmer des scènes de combat encore plus réalistes, il m’aurait fallu beaucoup plus de temps et de figurants. Soit un budget multiplié par deux. Ce n’était évidemment pas possible donc on a su se débrouiller. Comme je suis passé par des films à petit budget, au final ça aide. C’était naturel pour moi de tenir les plannings et de faire avec les contraintes.

 

On n’a pourtant pas l’impression qu’il manque du budget. Le film impressionne par ses décors et ne semble pas se reposer que sur les images de synthèse.

Et bien je vous ai bien eu parce que dans le film il y a en fait énormément d’effets spéciaux. J’aurais aimé avoir mille figurants, mais en réalité, j’en avais environ deux cents. Donc j’ai dû les réutiliser pour différentes scènes et combler avec les effets spéciaux. Pareil avec les tours de siège. On a quand même pu en construire au moins une, et ensuite, on les a multipliés numériquement. Pour tous les décors, je n’en avais qu’un exemplaire en fait. Et pour ce qui est de la forteresse, ce qu’on a construit devait mesurer trois mètres environ.

Entretien avec le réalisateur de The Great Battle, Kim Kwang-sik

Ensuite, d’un point de vue logistique, j’ai dû travailler avec trois écrans en simultané. J’avais les figurants sur un, les personnages principaux en cadre resserré sur un autre, et la partie effets spéciaux sur le dernier. Ça me permettait de mixer l’ensemble. C’était très éprouvant, car j’avais l’impression de tourner trois films en même temps. Mais au final, le résultat a fonctionné et maintenant mon producteur me voit comme un génie (rire)

 

On sent aussi dans le film votre volonté de proposer des combats singuliers et qui se distingues les uns des autres.

Oui parce que pour moi, si on a une succession de scènes de combat qui se ressemblent, on finit par vite s’ennuyer. Dans le film, disons qu’il y a quatre grandes scènes de combat. J’ai voulu faire des concepts différents pour chacune. On commence sur un grand terrain plat avec les deux armés qui s’affrontent, puis le premier affrontement sur la forteresse avec un côté envahisseur et un côté défense stratégique. La troisième se passe la nuit donc ça implique de nouveaux éléments et permet de montrer le commandant Yang comme un vrai héros. Et enfin, la dernière est directement tirée des faits historiques, où les Chinois ont voulu créer une immense dune de sable pour surplomber la forteresse, mais où l’important est de voir la force du peuple qui permet de vaincre.

 

Etant donné l’histoire, le genre du film historique épique, et de certains effets de ralenti et d’accélération, le premier film qui vient à l’esprit est probablement 300 de Zack Snyder.

Oui, 300 est devenu une référence pour les films de guerre désormais. Mais dedans, la technique est différente. Il s’agit plutôt de zoom avant et arrière sans mouvement de caméra. De mon côté, la technique est celle utilisée sur Avengers, où on utilise des bras robots pour faire ces mouvements. Et pour la partie accélération, ça se rapproche plutôt de Kingsman.

Entretien avec le réalisateur de The Great Battle, Kim Kwang-sik

Le film a eu un bon succès en Corée, avec plus de 5 millions d’entrées. Quand on fait un tel film, est-ce que c’est quelque chose auquel on peut s’attendre ?

On ne s’attendait pas du tout à avoir un tel succès. Au contraire, étant donné le gros budget, on avait beaucoup de pression. Et je ne savais même pas si j’allais parvenir à aller jusqu’au bout. Donc j’étais plutôt inquiet jusqu’à ce que les chiffres sortent.

 

De votre point de vue, comment se porte le cinéma coréen, du côté de la production ?

Actuellement, je pense qu’on donne plus facilement sa chance à un réalisateur qui a déjà fait ses preuves. Donc les jeunes cinéastes n’ont pas beaucoup de possibilités, se retrouvent à faire des films avec des budgets minimes. C’est difficile pour eux de rentrer dans ce milieu. Mais étant donné que je suis quelqu’un de très égoïste, ça me va (ndlr il plaisante)

 

En ce moment, on parle beaucoup de Netflix qui inquiète les acteurs du cinéma (distributeurs, exploitants…).

Je ne vois pas Netflix comme un rival du cinéma. Quand on parle d’un film, je ne pense pas que la forme change selon le média. L’histoire reste la même en fait. J’ai plus l’impression que Netflix rentre en compétition avec les chaînes de télévision. Si on regarde par exemple l’arrivée de la télévision dans la vie quotidienne des Coréen dans les années 1970, on voit que ça n’a pas empêché d’aller au cinéma pour voir de grands films. Comme Ben Hur par exemple, qui est le genre de film qu’on aime voir sur grand écran. Ceux-là, ils marcheront toujours dans les salles. Mais après, si Netflix me propose un jour de collaborer avec eux, je ne dirais pas non. (rires)

 Propos recueillis par Pierre Siclier

The Great Battle de Kim Kwang-sik, présenté durant le 13e festival du film coréen à Paris du 30 octobre au 6 novembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

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