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Hippocrate : rencontre avec les acteurs de la série

La diffusion de la série « Hippocrate » débute aujourd’hui, et cette nouvelle création originale de Canal + a tout pour demander au « Bureau des Légendes » un peu de sa place de meilleure série française. Dans cette première saison en milieu médical, son créateur et réalisateur Thomas Lilti met en situation de crise quatre jeunes médecins, incarnés par Alice Belaïdi, Louise Bourgoin, Karim Leklou et Zacharie Chasseriaud.

Deux jeunes hommes et deux jeunes femmes pour tenir à bout de bras des services hospitaliers. Dans Hippocrate, Louise Bourgoin incarne Chloé, en quatrième année d’internat, de prime abord froide et arrogante, mais cette apparence cache un secret et une dévotion sans limite à son travail. Alice Belaïdi est Alyson, et elle se demande si finalement elle a fait le bon choix en venant ici. Il y a aussi Hugo (Zacharie Chasseriaud), fils de la cheffe du service de réanimation, jeune homme distrait dont la popularité ne dissimule qu’à moitié la solitude. Et enfin Arben, fascinant Karim Leklou, médecin légiste franco-albanais taiseux et bienveillant. Nous avons rencontré ces comédiens, formidables héros ordinaires de la série.

Comment êtes-vous devenus les médecins de la série Hippocrate ?

Alice Belaïdi : Ça a été pour moi la rencontre avec Thomas Lilti, et avec son univers que j’adorais auparavant. C’est l’aspect cinéma-vérité, il ne ment pas, il parle d’un sujet qui le passionne et qu’il connaît par cœur. Il a un point de vue travaillé, sur chaque séquence, et je me suis rendue compte que ce que je voyais dans ses films il le donnait vraiment sur le plateau. C’est un désir, avant même de jouer, de rencontrer un artiste. Pour nous quatre, je crois qu’artistiquement ça a été une vraie rencontre.

Louise Bourgoin : En plus de Thomas, le fait que la série soit un objet où les personnages sont développés sur quatre cent pages et pas sur cent, j’ai eu tout de suite de l’empathie pour tous les personnages. Mon personnage est très développé psychologiquement, il a plein de choses à jouer, c’était assez excitant. J’ai eu l’impression sur ce projet de pouvoir aller plus loin que sur un film habituel, qu’on tourne en deux mois et pas en six.

Karim Leklou : Je dirais la même chose. Il y a Thomas bien sûr, et j’ai trouvé que ce n’était pas une série habituelle, avec de l’originalité dans le propos et dans le traitement, c’était vraiment « français ». D’habitude le traitement du milieu médical est très propre, ils ont des brushings et tout. Et là c’est très fidèle à ce qu’est la société française, avec un aspect presque documentaire.

Zacharie Chasseriaud : Moi le format série m’a tout de suite convaincu, je crois même que je n’avais pas lu le scénario avant d’accepter.

A.B. : D’ailleurs disons-le, Zacharie n’a toujours pas lu le scénario ! (rires)

Du film Hippocrate à la série, en passant par Première année, Thomas Lilti s’intéresse particulièrement à une jeunesse qui s’engage, avec ses idéaux et ses doutes. Comment trouvez-vous ces personnages ?

K.L. : il y a une vision politique dans la série, présente au scénario, nourrie de discussions en amont avec Thomas et le personnel. Il y a un élément social très fort, et le contexte français, sans vision héroïque, a été très bien exploité par les scénaristes. Mon personnage a la double nationalité, donc c’est un portrait moderne de quelqu’un qui navigue entre les eaux pour y arriver. Comme dans le film Hippocrate, où Reda Kateb faisait une super performance. Ça m’a inspiré et j’ai essayé d’en faire quelque chose d’autre.

A.B. : J’ai revu le film avant, et on s’est vite rendus compte qu’on faisait Hippocrate, mais en même temps c’était autre chose. On est à l’hôpital, on suit de jeunes internes, mais ce n’est qu’un point de départ, avec beaucoup plus de temps pour développer les personnages et les intrigues. Pour mon personnage, ça n’a pas été tout de suite évident pour Thomas, mais on s’est retrouvés sur plusieurs points de caractère, je ne suis pas si loin d’Alyson, et il a su déceler qui j’étais assez vite.

Il s’est aussi servi de ce qu’on pouvait être, il n’est pas un grand fan du contre-emploi. Bon, ça ne veut pas dire que Louise est pète-sec et que moi je suis perdue dans ma vie !

L.B. : Thomas voulait que les patients soient des patients-miroirs, pour que les soignants soient autant en position de doute et de faiblesse que les patients, pour donner une forme d’équité. Il y a aussi une distribution intelligente des rôles, les personnages féminins ne sont pas du tout sexualisées, ou alors dépendantes d’une relation amoureuse. Ça change de beaucoup de scénarios.

A.B. : C’est vrai qu’il n’y pas de fantasmagorie sur le fait, par exemple, d’avoir une belle actrice. Tout est intelligent dans l’écriture des personnages, dont on pourrait complètement inverser les genres !

Si vous assistez à un malaise aujourd’hui, vous savez quoi faire ?

K.L. : Coup de coude et gifle, normalement ça marche (rires) ! Sinon on appelle le 15.

A.B. : Franchement, ça m’a pas mal fait changer, j’avais une tendance à être un peu trop sensible, et là on a été confronté à certaines choses. Alors bien sûr c’est faux, mais quand même, on était dans un bloc, Thomas installait une tension… Aujourd’hui j’ai moins peur ! Je suis presque prête à intervenir : « attendez, j’ai été interne pendant six mois ! ». Mais sérieusement, appelez le 15.

L.B. : C’est intéressant parce que la frontière est ténue, et il y a des similitudes entre les deux métiers, celui d’acteur et de médecin. C’est Thomas lui-même qui me racontait qu’en tant que médecin il prenait un ton de voix différent, il est dans le rôle qu’attendent les patients.

Pour l’anecdote, après une séquence importante qu’on a faite sur deux journées, je suis rentrée chez moi complètement échevelée, pas démaquillée, enfin dans un état… Il y avait un apéro surprise, et je racontais aux invités un peu embarrassés « je suis désolée, mais je viens de réanimer quelqu’un… » (rires).

On sent une volonté particulière, celle de démythifier des métiers pour en montrer le côté brut et humain.

Z.C. : Alors j’ai regardé après coup Grey’s Anatomy, et ça m’a semblé très bizarre ! Pareil pour Dr House, plus rien ne me semblait crédible. Je savais déjà quelle était la réalité de l’hôpital, côté patient. Mais là je me suis vraiment rendu compte combien, côté médecin, ça pouvait être difficile.

K.L. : Voir la confrontation avec l’institution, sa rigidité administrative, c’est intéressant, ça renforce l’aspect isolé des personnages. La vision est brute, c’est un quotidien dur, et on voit leurs erreurs. Ils se protègent comme ils peuvent et ce n’est pas toujours noble. On voit bien dans la série toute cette complexité humaine. Sans être militante, la série a une spécificité, celle de faire un état des lieux avec des problématiques réelles, dans lequel Thomas envoie des personnages de fiction. Il n’ignore pas les questions politiques que ça soulève, et c’est ce qui fait la force de son écriture et de son cinéma.

 

Hippocrate, une série créée par Thomas Lilti et diffusée sur Canal + à partir du 26 novembre. LIRE NOTRE CRITIQUE.

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