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Song Kang-ho : « Parasite a montré une autre perception de la Corée au monde entier »

© FFCP - Jean Lim

Pour sa 14e édition, le festival du film coréen à Paris accueillait l’acteur Song Kang-ho et le réalisateur Kim Jee-woon pour un focus sur leurs différentes collaborations. A cette occasion, nous les avons rencontrés pour discuter de leur vision commune du cinéma et ce qui a motivé leur désir de travailler ensemble.

Cette année, le festival du film coréen à Paris a fait fort en faisant venir deux des plus grandes vedettes du cinéma coréen. D’un côté, Kim Jee-woon, un des cinéastes les plus populaires de ces dernières années, qui a su s’imposer comme un faiseur efficace, capable de toucher à tous les genres. De la comédie d’horreur The Quiet Family au film noir historique The Age of Shadows, en passant par l’oriental western Le Bon, la Brute et le Cinglé, le thriller J’ai rencontré le Diable ou encore le film d’épouvante Deux sœurs.

De l’autre, Song Kang-ho, qui depuis le milieu des années 1990 a été vu dans une multitude de rôles, aussi bien chez Bong Joon-ho que Park Chan-wook ou encore Kim Jee-woon. Un duo qui a travaillé ensemble à quatre reprises. Quatre films représentatifs de leur volonté commune de se diversifier et de jouer sur différents tableaux. Rencontre.

 

Song Kang-ho, vous avez participé à Parasite, première Palme d’or à Cannes pour un film coréen, mais également immense succès en Corée du Sud. C’est quelque chose qui vous touche ?

-Song Kang-ho : C’est évidemment un moment important de ma vie. Sans tomber dans le patriotisme à outrance, je pense que c’est également bien pour le pays, car cela a été l’occasion de montrer une autre perception de la Corée du Sud au monde entier. Mais aussi du cinéma coréen. Donc, à ce niveau-là, on est vraiment fier. Pour ce qui est de l’impact du film en Corée, je ne pense pas qu’un film puisse changer seul le quotidien des gens du jour au lendemain. Mais ça peut faire rentrer certaines choses dans l’inconscient des gens, et ainsi amener petit à petit à une évolution.

 

Dans toute votre carrière, vous avez pu interpréter des rôles très différents. Comment expliquez-vous cette capacité à ne pas être catalogué ?

-Song Kang-ho : Je ne fais jamais un choix pour un rôle par rapport au passé, en me demandant si j’ai déjà joué ou non ce type de personnage. Mes décisions sont faites en fonction de ce que je suis en train de vivre et si le scénario a quelque chose qui me permet de me plonger à 100% dans le projet. C’est ce qui m’a permis de me diversifier dans ma carrière et de toucher à une variété de choses.

-Kim Jee-woon : D’après moi, sa force provient de son côté double. Quand je regarde Song Kang-ho, je vois quelqu’un qui est capable de jouer un personnage comique, mais toujours avec une touche de pathos.

 

C’est pour cela que vous avez fait appel à lui aussi souvent ?

-Kim Jee-woon : A chaque film que j’ai tourné, j’avais une envie de faire quelque chose de nouveau. Et si j’y suis parvenu, c’est en grande partie grâce à Song Kang-ho. Par exemple, quand j’ai fait The Quiet Family, qui est un genre hybride entre comédie et film d’horreur, c’est vraiment grâce à lui, car il arrive à rentrer dans tous les genres. Pareil avec Foul King, dont le sujet du catch est assez atypique. Il parvient à offrir une vision très populaire même pour un sujet peu connu. Et avec Le Bon la brute et le cinglé, qui est ce qu’on appelle de l’oriental western, il offre quelque chose de très familier et une dose naturelle d’humour. En fait, je dirai qu’il a une sensibilité qui lui est propre et il est probablement le seul avec qui j’ai travaillé qui est capable d’avoir une telle variété.

 

Cette variété, on la sent également dans vos films Kim Jee-woon, qui sont toujours dans des genres différents.

-Kim Jee-woon : Oui, tous mes films ont des genres différents, mais ils ont tout de même un point commun, à savoir une touche de film noir qui reste présente. Cela se retrouve principalement dans l’écriture des personnages, et notamment du héros que j’empreinte directement au film noir.

 

Vous évoquiez une volonté de renouveau pour chacun de vos films, c’est pour cette raison que vous avez décidé de tourner aux Etats-Unis avec Le Dernier rempart ?

-Kim Jee-woon : Exactement. En fait comme beaucoup de réalisateurs de ma génération, j’ai grandi avec des films hollywoodiens. Donc j’avais vraiment envie de travailler là-bas pour voir comment ça se passe. Donc j’avais cette curiosité qui m’animait, aussi bien par rapport à leur manière de travailler que sur les différences au niveau des décors ou des acteurs. Et comme cela faisait une dizaine d’années que je travaillais en Corée, j’avais besoin de changer d’air.

 

Et qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

-Kim Jee-woon : Le système est très différent. En Corée, on met l’accent sur la volonté du créateur. C’est lui, le réalisateur, qui décide. A Hollywood il y a un système linéaire, tout le monde est au même niveau, du réalisateur aux acteurs en passant par le studio. Donc quand j’avais une idée, il fallait passer par la validation du studio, du producteur, et même de l’acteur. Au final, tout se mélange et le résultat final ne ressemble pas vraiment à l’idée d’origine, et c’est ainsi qu’on perd le style du réalisateur.

 

Et pour vous Song Kang-ho, quand on a collaboré autant avec Kim Jee-woon, et ce, dès son premier film, est-ce qu’on lui fait une confiance aveugle ou y a-t-il des choses que vous pourriez lui refuser ?

-Song Kang-ho : Je ne pense pas que Kim Jee-woon soit du genre à me proposer quelque chose d’horrible. Et même si c’est vraiment quelque chose de bizarre, je me dis qu’il a une bonne raison. Donc, de manière générale, je peux dire que oui, j’accepterai n’importe quoi avec lui.

 

Donc on peut s’attendre à un nouveau film ensemble ?

-Kim Jee-woon : Les premiers films qu’on a faits ensemble date de 1998 et 2000. Mais ensuite on s’est retrouvé en 2008, puis en 2016. Tous les huit ans. Donc il va falloir attendre encore un peu. A moins qu’on n’ait, ni l’un ni l’autre, des projets qui se concrétisent, auquel cas on pourra essayer de monter un film plus tôt. Et puis ce serait probablement mieux étant donné que tous les films qu’on a faits ensemble ont eu du succès, autant en profiter. (rires)

Propos recueillis par Pierre Siclier

Plus d’infos ici sur le festival du film coréen à Paris.

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