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Disney+ : est-ce que la plateforme peut dominer le marché de la SVOD ?

Disney+ : est-ce que la plateforme peut dominer le marché de la SVOD ?

Lancée en novembre 2019 aux USA, la plateforme Disney+ n'arrive qu'en ce 6 avril 2020 en France. Alors qu'on a déjà pu avoir un aperçu de ce qu'elle allait proposer sans y avoir accès et que nous sommes au courant de quelques titres à venir, peut-on s'attendre à ce qu'elle domine le marché de la SVOD ? Analyse et tentative de réponse.

Le mois de novembre 2019 a été important dans l'industrie de la SVOD. Juste avant que Netflix ne mette en ligne le si attendu The Irishman, l'un des projets qui devaient servir de cheval de bataille pour les Oscars 2020, Apple et Disney entraient quasiment conjointement sur un marché en plein boom. Les consommateurs s'en rendent compte : l'offre tend à se démultiplier. Il ne sera bientôt plus simple de savoir vers quel(s) abonnement(s) se tourner. Car il va tôt ou tard être question de choix si on ne veut pas que notre porte-monnaie soit trop touché.

Avant même sa mise en service, Disney+ annonçait sa grande ambition, qui est de clairement concurrencer Netflix et prendre le lead du secteur. La firme de Mickey dispose de beaux arguments dans sa besace pour attirer du monde, mais la plateforme au logo rouge a déjà bien bossé son image et peut se targuer de proposer un catalogue avec des titres originaux très puissants. La première parade trouvée par Disney pour essayer de refaire son retard est de proposer un unique abonnement moins cher que celui de sa cible à abattre. Quand Netflix propose un accès réduit à un seul écran et sans HD au prix de 7.99€, Disney+ ne nous laisse guère le choix avec une unique offre à 6.99€ comprenant 4 écrans et une qualité 4K. Quand il s'agira de faire des choix financiers, cette promesse à moindre prix pourrait peser dans la balance.

Disney+ : est-ce que la plateforme peut dominer le marché de la SVOD ?

L'autre grosse différence à noter entre les deux dans leur mode de fonctionnement est la fréquence de diffusion. Netflix a largement participer à faire naître le phénomène du binge-watching en sortant ses séries originales en one-shot. Ainsi, les abonnés se ruent dessus, consomment à la vitesse de l'éclair et alimentent avec intensité les réseaux sociaux à chaque lancement. Une stratégie qui a fait ses preuves, mais qui voit les buzzs retomber très rapidement les jours d'après. Disney+ ne prend pas le même chemin et mise sur une fréquence (presque) plus traditionnelle, au rythme d'un épisode par semaine. Ainsi, ils s'assurent de garder sous abonnement les gens qui devront suivre les programmes sur la longueur. Pour imager ces dires, quand Netflix donne tout durant un seul jour, Disney+ va prendre 7 à 10 semaines pour délivrer une saison.

Le contenu original de Disney+, le facteur X

Les arguments cités deviennent presque secondaires quand vient le moment de s'attaquer au nerf de la guerre, à savoir le contenu exclusif créé pour une exploitation sur les plateformes. Netflix a évidemment une énorme longueur d'avance, avec des titres phénoménaux en termes de popularité comme La Casa de Papel, Stranger Things, 13 Reasons Why ou Sex Education. De plus, la firme sait parfois créer l'engouement par surprise, c'est notamment le cas du récent film La Plateforme. En parlant de films, Netflix mise désormais sur des projets qui peuvent s'introduire dans les plus grands événements dédiés au cinéma, que ce soit les festivals ou les cérémonies. Chose que Disney peut plus difficilement faire pour une raison de ligne de conduite très particulière. Car Disney+ se présente comme un service ouvert à toute la famille et n'entend pas mettre en ligne des projets qui vont exclure les plus jeunes ou les âmes sensibles. Pas de violence trop explicite ou graphique, pas d'horreur, pas de psychologie trop complexe ou de thèmes matures - la série spin-off à Love, Simon en a fait les frais.

Disney+ : est-ce que la plateforme peut dominer le marché de la SVOD ?

L'intention est évidemment de surfer sur les grosses marques (Star Wars, Marvel, Pixar, les classiques) pour le contenu froid (déjà existant) ainsi que pour les titres originaux. Disney en profite, avec des séries Marvel déjà sur le feu qui vont étendre le MCU, ou des séries Star Wars. The Mandalorian a été le produit d'appel mis en avant pour le lancement et la démarche a eu le mérite d'attirer du monde. Sur la durée, est-ce que viser la famille dans son ensemble peut être une stratégie qui va ériger Disney+ sur le trône de la SVOD ?

On ne peut nier que la carte de la nostalgie va faire son effet avec les anciens titres - il suffit de voir le carton des remakes en live action pour s'en convaincre - et que tout ce qui sera estampillé Star Wars, Marvel ou Disney va parler immédiatement aux gens. Mais, à l'inverse de Netflix (ou des autres), qui peut prétendre à créer du contenu très diversifié (qui plus est venant de différents pays), Disney+ va s'enfermer automatiquement dans une seule case et se fabriquer son propre plafond de verre qui sera sa plus évidente limite.

Si on peut craindre une redondance dans l'offre, Disney n'a fondamentalement pas de quoi s'inquiéter tant les schémas employés au cinéma (ceux qui leur permettent de tout ravager au box-office mondial) seront reproduit sur le petit écran. Sur la longueur, il faudra nous approvisionner massivement pour s'assurer de nous garder sous abonnement. Est-ce que, comme Netflix, Disney+ pourra proposer des dizaines de programmes originaux par semaine, avec toujours deux ou trois qui vont mettre la marque sur le devant de la scène ? Quand on aura essoré le contenu ancien et que seul le neuf sera au centre de notre intérêt, il faudra se montrer à la hauteur.

 

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