Le long-métrage "Dialogue avec mon jardinier" a failli, de l'aveu de son réalisateur, ne pas voir le jour. En effet, la disparition de l'iconique Jacques Villeret a profondément marqué le cinéaste.
Dialogue avec mon jardinier : une belle histoire d'amitié
L'intrigue de Dialogue avec mon jardinier s'articule autour d'un peintre parisien. Ce quinquagénaire opère à un retour aux sources et quitte la capitale. Ainsi, il s'installe dans le centre de la France, et plus précisément dans la demeure de son enfance. Seul problème : l'immense terrain qui entoure la maison demande un temps d'entretien certain. Une perspective qui enchante bien peu le nouvel arrivant. De fait, l'artiste décide de passer une annonce. Il ne tarde pas à rencontrer un premier candidat, qui s'avère être la perle rare. D'autant que l'homme ne lui est pas inconnu, puisque tous deux se fréquentaient dans leur jeunesse. Cet ancien camarade devient donc son jardinier. Le duo recommence à se côtoyer et, jour après jour, le peintre découvre non sans émerveillement la simplicité et la nature profondément humaine de celui qui travaille pour lui.
Le long-métrage est en fait l'adaptation du roman éponyme signé Henri Cueco. Jean Becker, le célèbre réalisateur du film, s'entoure de Jean Cosmos et Jacques Monnet pour en écrire le scénario. Le cinéaste explique d'ailleurs qu'il n'a pas proposé à Cueco de participer au script car il estimait que cela l'empêcherait de s'approprier au mieux le récit. D'ailleurs, une différence fondamentale existe entre l'ouvrage et son adaptation filmique. En effet, dans le roman, le personnage du peintre est finalement assez secondaire et sert surtout à mettre en lumière celui du jardinier. Becker tenait à ce que le protagoniste soit bien plus développé dans le long-métrage. Il a donc été nécessaire de l'étoffer, l'enrichir afin de lui donner réellement vie sur grand écran.
Un manque immense
A nos confrères de La Presse, le cinéaste confie que, dès l'écriture du scénario, il avait un comédien en tête - et pas des moindres. Ainsi, l'auteur-réalisateur voulait confier le rôle du jardinier à son collègue et ami de toujours, l'immense Jacques Villeret. Il avait déjà dirigé l'acteur sur deux projets, dont le plébiscité Les enfants du marais. Malheureusement, celui qui prête ses traits à François Pignon décède en janvier 2005 des suites d'un cancer. Une bien triste nouvelle qui a profondément impacté Becker. Ce dernier confie qu'il a "tout arrêté", incapable de poursuivre son travail après la disparition de celui qu'il aimait tant.
Le personnage du jardinier était le sien.
Jean Becker s'est donc accordé du temps pour faire le deuil de Villeret. Plus tard, il décide toutefois de s'atteler de nouveau à Dialogue avec mon jardinier. Son amour pour le projet a finalement eu raison de sa peine. Surtout, il explique avoir terminé de l'écrire "en songeant à Villeret". Somme toute, un bel hommage à son regretté camarade !
Le scénario atteint une version définitive, mais quid de l'interprète du fameux jardinier ? Le cinéaste a alors songé à l'excellent Jean-Pierre Darroussin, qu'il avait repéré dans un film de Cédric Klapisch, Un air de famille. Néanmoins, tous deux n'avaient jamais travaillé ensemble. Becker se souvient de sa rencontre avec le comédien. Selon lui, à l'issue de la conversation qu'ils ont partagée, il savait qu'il serait parfait pour le rôle.