L’Affaire SK1 sur Chérie 25 : le film sur l’affaire Guy Georges a été compliqué à développer

Une conception délicate pour le réalisateur

L’Affaire SK1 sur Chérie 25 : le film sur l’affaire Guy Georges a été compliqué à développer

"L’Affaire SK1" relate l’enquête des policiers parisiens pour arrêter le tueur en série Guy Georges. Un long-métrage difficile à concevoir pour le réalisateur Frédéric Tellier et nécessitant une véritable précision, avant tout pour respecter les familles des victimes.

L’Affaire SK1 : une traque effrénée

Entre 1991 et 1998, les forces de l’ordre sont à la recherche d’un tueur en série qui sévit dans la capitale. Désigné comme le "tueur de l’Est parisien" et "la bête de la Bastille" par la presse, Guy Georges agresse et viole treize femmes âgées entre 19 et 33 ans au moment des faits, causant la mort de sept de ses victimes. L’Affaire SK1 revient sur l’enquête acharnée ayant permis son interpellation le 26 mars 1998 puis sa condamnation le 5 avril 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans.

Réalisé par Frédéric Tellier (Sauver ou périr) et sorti en 2015, le long-métrage adopte le point de vue de Franck "Charlie" Magne (Raphaël Personnaz), l’un des policiers travaillant sur l’affaire. Tandis que son supérieur Bougon (Olivier Gourmet) lui conseille de garder ses distances avec l’enquête, il plonge dedans de façon obsessionnelle lorsqu’il comprend que le même homme est à l’origine de meurtres sordides.

L'Affaire SK1
L'Affaire SK1 © SND

Michel Vuillermoz, Christa Théret, Thierry Neuvic et Marianne Denicourt complètent la distribution de L’Affaire SK1. Nathalie Baye interprète quant à elle Maître Frédérique Pons, l’une des avocates de Guy Georges. Enfin, Adama Niane incarne le tueur en série.

Une méticulosité indispensable

Avant d’entamer l’écriture du scénario avec l’aide de David Oelhoffen et de Patricia Tourancheau, journaliste ayant signé l’ouvrage Guy Georges – La traque, Frédéric Tellier effectue un long processus de recherche afin de coller au maximum aux faits réels, notamment dans la reconstitution de décors comme le 36 quai des orfèvres. Pendant plus de cinq ans, le réalisateur étudie les procès-verbaux et les témoignages en lien avec l’affaire qui a mobilisé pas moins de 4000 policiers.

Durant cette longue étape préparatoire, le cinéaste peut compter sur un soutien policier et a également accès à la documentation des avocats. Interrogé par Allociné en 2015, il explique à leur propos :

Les deux ont lu en permanence les parties de scénario qui les concernaient.

L’une des plus grosses difficultés rencontrées par Frédéric Tellier concerne la manière de représenter de la violence. Il affirme à ce sujet :

J’ai essayé de doser, déjà dans le récit même, de ne absolument pas avoir le point de vue de l’horreur, c’est-à-dire du tueur, donc d’être toujours avec les enquêteurs, ou plus tard, ceux qui subissent le mal, en décalé toujours. (…) J’ai essayé de ne pas trop montrer, d’être respectueux des victimes. Pour autant, de temps en temps, il faut montrer une scène de crime ; ça construit l’émotion des personnages qui étaient confrontés à ça, cette réalité-là.

Pour que le film fonctionne sans tomber dans la gratuité, le réalisateur cherche un équilibre pour qu’il ne soit "ni trop édulcoré, ni trop voyeur".

Trouver l’interprète de Guy Georges

L’un des autres principaux défis sur L’Affaire SK1 est de trouver le comédien adéquat pour prêter ses traits au meurtrier. Le réalisateur assure :

Au-delà des qualités techniques de l’acteur, il fallait qu’il ait une conscience morale de faire ce personnage, et dans conscience morale, j’entends qu’il ait l’aptitude de se mettre à distance, à l’interpréter mais être à distance du personnage.

Remarquable, Adama Niane se rend compte a posteriori de l'impact d’incarner Guy Georges. Interviewé par 20 minutes, il évoque à ce titre la scène glaçante des aveux et déclare :

Contrairement à ce que l'on pourrait penser cette scène n'a pas été difficile à tourner. Je me suis laissé porter par les mots car le réalisateur souhaitait que je joue la confession de façon froide, presque détachée.

Soucieux de retranscrire "l’énergie destructrice" du meurtrier, Adama Niane prend conscience lors de la sortie que L’Affaire SK1 va "forcément réveiller la souffrance de toutes les familles des victimes". Pour autant, il estime que le long-métrage est important et conclut lors d’un entretien pour Le Figaro en 2015 :

Le film a un autre intérêt. Il est rendu légitime par un chiffre, un seul : 80 000 femmes sont violées chaque année.

 

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