TF1 nous a fait retomber dans le bain. En entamant la diffusion de la grandiose trilogie du "Seigneur des anneaux", la chaîne sait comment jouer avec nos sentiments. À l'occasion de la diffusion des "Deux Tours", l'opus central, retour sur le moment où Andy Serkis a presque refusé d'incarner Gollum.
Les anecdotes de casting sont toujours drôles car elles donnent à voir une version parallèle où tel rôle ne serait pas incarné par celui ou celle que l'on connaît. On vous parlait, à l'occasion de la diffusion du premier Seigneur des anneaux, du refus de Nicolas Cage lorsqu'on lui a offert le rôle d'Aragorn. Alors que la trilogie continue sur TF1 avec Les Deux Tours proposé ce mardi 16 juin, on s'attarde sur le personnage de Gollum. Son interprète, Andy Serkis, a hésité avant d'accepter de devenir cet être malicieux qui accompagne Frodon et Sam dans leur périple. Il était alors engagé sur l'adaptation télé d'Oliver Twist et a parlé de cette offre à l'un des acteurs avec qui il tournait - sans révéler son nom.
Je me rappelle que j'étais à Prague en train de travailler sur l'adaptation d'Oliver Twist et j'ai dit à un autre acteur avec qui je travaillais : "je pense que je vais aller en Nouvelle-Zélande pour incarner un personnage digital". Il m'a répondu : "Bien, est-ce que ta tête sera visible à l'écran ?" et j'ai répondu "non". Il m'a dit : "Camarade, je toucherais à ce rôle pour rien au monde."
Heureusement, Peter Jackson a réussi à le convaincre de l'importance d'une telle prestation, comme l'explique Andy Serkis :
À l'origine, j'ai entendu que ce serait comme faire une voix pour un personnage numérique, et cela ne m'intéressait pas, mais j'ai rencontré Peter Jackson et il m'a dit : "Nous voulons qu'un acteur joue le rôle, soit sur le plateau et prenne des décisions pour ce personnage".
Andy Serkis, symbole de la performance capture
La performance capture était en train d'éclore au début des années 2000 quand Les Deux Tours est sorti, on ne savait pas encore qu'elle allait devenir une technique aussi répandue pour donner vie à des personnages imaginaires en se basant sur le jeu d'acteurs réels. On peut comprendre la réticence de certains à l'époque, qui voulaient qu'on sache qui ils sont à l'écran. Heureusement, Andy Serkis a préféré suivre son instinct et s'est engagé sur la trilogie du Seigneur des anneaux. Un défi qui demande de mettre de côté son ego pour se fondre derrière un personnage uniquement virtuel. L'acteur n'a, certes, pas sa tête de reconnaissable mais la réussite de ce Gollum repose sur son travail.
Une expérience si folle qu'il est désormais reconnu comme l'acteur emblématique de la performance capture. Il aura par la suite incarné des figures comme César dans le reboot de La Planète des singes, le Kong de Peter Jackson ou Baloo dans sa propre adaptation du Livre de la Jungle : Mowgli. On le connaît presque plus pour cette capacité de métamorphose que pour ses rôles en tant qu'humain. Au point qu'on puisse dire qu'il a été déterminant dans le développement de la performance capture. N'oublions pas qu'il sait aussi s'illustrer avec son corps tel quel. Ce sera d'ailleurs le cas dans The Batman, où il campera Alfred.
Le Seigneur des anneaux - Les Deux Tours, à (re)découvrir sur TF1 le mardi 16 juin à 21h05.