Malavita sur NRJ12 : Robert De Niro a refusé un rôle culte proposé par Luc Besson

Un mal pour un bien ?

Malavita sur NRJ12 : Robert De Niro a refusé un rôle culte proposé par Luc Besson

Dans "Malavita", Robert De Niro incarne un gangster repenti et reclus en Normandie avec sa famille après avoir témoigné contre ses anciens amis mafieux. Une comédie réalisée par Luc Besson, qui avait proposé un rôle emblématique à l’acteur bien des années plus tôt.

Malavita : un affranchi en Normandie

Mean Streets, Le Parrain, 2e partie, Il était une fois en Amérique, Casino… L’apport considérable de Robert De Niro au film de gangsters n’est plus à présenter. En plus de 55 ans de carrière, le comédien a offert au genre plusieurs de ses pièces maîtresses, dont le récent The Irishman de Martin Scorsese. Raison pour laquelle l’écrivain Tonino Benacquista rêvait de le voir prêter ses traits à Giovanni Manzoni, le personnage principal de son roman Malavita, paru en 2004.

Neuf ans plus tard, Luc Besson exauce le souhait de l’auteur. Dans cette adaptation, le héros va à l’inverse du principe de Jimmy Conway, le gangster que Robert De Niro incarne dans Les Affranchis. Cette ancienne figure emblématique de la pègre new-yorkaise a balancé ses copains et ne l’a pas vraiment mise en veilleuse. Répondant désormais au nom de Fred Blake, le mafieux repenti à la langue bien pendue est sous la protection du FBI et en contact régulier avec l’agent Robert Stansfeld, interprété par Tommy Lee Jones.

Malavita
Fred Blake (Robert De Niro) - Malavita © EuropaCorp

Pour rester à l’abri d’ex-collègues un brin revanchards, Fred Blake s’installe dans un petit village de Normandie avec sa famille. Le clan fait tout pour s’intégrer tout en restant discret. Mais quand les tracas du quotidien pointent le bout de leur nez, certaines mauvaises habitudes refont surface pour les régler… Cette nouvelle vie se complique lorsque les vieilles connaissances de Fred font elles aussi leur retour.

Dans le rôle de Maggie Blake, épouse du témoin sous haute surveillance, Michelle Pfeiffer livre une performance dans la lignée de celles de Scarface et de la comédie Veuve mais pas trop... Dianna Agron et John D’Leo jouent quant à eux les deux enfants du couple. Domenick Lombardozzi et Vincent Pastore complètent la distribution.

Des références assumées

Tout au long de Malavita, Luc Besson multiplie les hommages et revendique sa filiation avec les classiques du genre. Le cinéaste demande également à Martin Scorsese de se joindre au projet en tant que producteur exécutif, ce qu’il accepte. Lors de la conférence de presse du long-métrage, le réalisateur de Nikita déclare :

Dans le film je me moque gentiment de tout le monde. C’est un regard sur la mafia des années 70, cette mafia qu’on a tous adorée au cinéma. Au fond Malavita c’est un peu ces mafieux des années 70 qui ont vieilli, on voit ce qu’ils sont devenus. J’ai rien inventé.

Reprise d’une ligne d’Al Capone dans Les Incorruptibles, présence à une projection des Affranchis, envie d’entamer une analyse comme dans Mafia BluesRobert De Niro rejoue et revoit des situations qu’il maîtrise sur le bout des doigts. S’il accepte de revenir au film de gangsters, c’est avant tout par affection pour Luc Besson, selon ses propos dans un entretien accordé au Monde en 2013.

Robert De Niro "pas convaincu" par Léon

Vingt ans plus tôt, le lauréat de deux Oscars ne manifeste pas autant d’enthousiasme lorsque le cinéaste lui propose le rôle d’un tueur à gages dont le prénom est depuis devenu célèbre. Interrogé par Allociné, le réalisateur se souvient :

Je le connais depuis à peu près 25 ans parce que je lui ai proposé Léon à l’époque. (…) Et puis son agent m’a appelé en me disant : ‘Il a lu le script. Il veut vous voir’. Donc j’ai pris l’avion de Paris à New York. (…) Et il m’a invité au restaurant à dîner. (…) Et à table, il m’a dit : ‘Voilà je voulais te voir parce que je ne vais pas faire le film’. (Rires) Il a été adorable, il m’a expliqué pourquoi.

Si Robert De Niro refuse Léon, c’est parce que le protagoniste finalement interprété par Jean Reno lui semble familier. Luc Besson ajoute :

Il avait l’impression qu’il avait déjà quand même par petits morceaux beaucoup fait ce personnage de Léon dans les films de Scorsese. Ça manquait un peu de nouveauté pour lui.

Ce que le principal intéressé confirme, toujours auprès du Monde :

Il voulait me faire jouer dans Léon. Je n'étais pas convaincu… Il y avait quelque chose dans le film qui me rappelait un peu trop Taxi Driver. Mais je voulais lui expliquer en personne, ce qu'il a apprécié, m'a-t-il dit. Je l'ai fait venir à New York, et je l'ai bien aimé… Je lui ai dit que j'espérais qu'on puisse un jour faire quelque chose ensemble.

La première collaboration entre Luc Besson et l’acteur a finalement lieu en 2006. Le comédien prête sa voix au roi dans Arthur et les Minimoys, avant de se voir offrir une partition plus conséquente dans Malavita.

 

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