OSS 117, Rio ne répond plus sur M6 : à l’origine, l’espion ne devait pas être envoyé au Brésil

Mais Jean Dujardin a dit non

OSS 117, Rio ne répond plus sur M6 : à l’origine, l’espion ne devait pas être envoyé au Brésil

A l’origine, Michel Hazanavicius avait une tout autre idée pour le cadre d’"OSS 117 : Rio ne répond plus". Le réalisateur ne songeait pas au Brésil, mais les plages paradisiaques du pays ont finalement permis à Jean Dujardin de vivre un moment "hallucinant".

OSS 117, Rio ne répond plus : de La Bath reprend du service

En 2009, Jean Dujardin retrouve le rire, le charisme, le tact, la force et l’intelligence d’Hubert Bonisseur de La Bath dans OSS 117 : Rio ne répond plus. Trois ans après avoir signé les aventures du meilleur espion français au Caire, Michel Hazanavicius reste aux commandes de cette suite.

Un deuxième volet où il est question d’une amicale d’anciens nazis, mais aussi de vengeances personnelles après un séjour mouvementé à Gstaad. Mandaté par la S.D.E.C.E à Rio de Janeiro pour récupérer des microfilms compromettants datant de la Seconde Guerre Mondiale, de La Bath a bien du mal à passer inaperçu au Brésil, et ce malgré une excellente couverture.

Devenu Noël Flantier, photographe en voyage pour un reportage mais surtout pour du bon temps, l’agent secret fait face à de nombreux ennemis. Trahisons, séances de torture et affrontements avec de redoutables catcheurs et autres reptiles sont au programme. Si ses amis ne sont pas légion en Amérique Latine, OSS 117 peut néanmoins compter sur la présence de Dolorès (Louise Monot), envoyée sur place pour le compte du Mossad. Et cette dernière doit évidemment composer avec les "maladresses" de son confrère, fidèle à lui-même.

OSS 117 : Rio ne répond plus
Hubert Bonisseur de La Bath (Jean Dujardin) - OSS 117 : Rio ne répond plus © Gaumont

Alex Lutz, Reem Kherici, Pierre Bellemare et Rüdiger Vogler complètent la distribution d’OSS 117 : Rio ne répond plus. Cet opus où le héros créé par Jean Bruce s’avère encore plus patriotique, sentencieux et surtout bourré de clichés trouve son public lors de sa sortie. Le long-métrage réunit 2,52 millions de spectateurs dans les salles françaises, contre 2,3 millions pour son prédécesseur.

Changement de cadre

Douze ans après ses exploits dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions, Hubert Bonisseur de La Bath est complètement dépassé dans Rio ne répond plus. En 1967, alors qu’une révolution culturelle est en route, l’agent secret se retrouve tout simplement largué, notamment dans sa vision d’une jeunesse qui ferait mieux d’aller chez le coiffeur plutôt que de vouloir changer le monde.

Le cadre du film aide d'ailleurs à souligner le décalage d’OSS 117, incapable de vivre avec son temps. Sur les plages de Rio de Janeiro, l’espion s’essaie au mode de vie des hippies pendant un bref instant et y prend goût. Les paysages paradisiaques donnent naissance à plusieurs scènes cultes et permettent au héros d’apprécier de magnifiques panoramas. Pourtant, initialement, Michel Hazanavicius ne les envisageait pas comme lieux de l’action. Comme il l’explique dans le dossier de presse, le réalisateur avait à l’origine une tout autre idée :

Au départ je voulais que l’action se passe en Israël, et la date de 1967 correspondait à la guerre des Six jours, ce qui nous aurait permis de nous appuyer sur un événement historique. Jean-François (Halin, le coscénariste, ndlr) était partant, et puis c’est Jean qui a un peu freiné et qui n’était pas très à l’aise avec l’idée. Et il avait raison.

Le cousinage avec le conflit actuel en Israël nous aurait forcément privé de la naïveté et l’innocence dont ce film a besoin. J’ai insisté pour les Juifs, et en parlant nous sommes tombés d’accord sur l’idée d’envoyer tout le monde au Brésil. Nous sommes partis sur cette idée de recherche de nazis en Amérique du Sud.

Une séquence "très spéciale"

Jean Dujardin garde visiblement des souvenirs impérissables du tournage au Brésil, cadre de L’Homme de Rio mais aussi de Moonraker. Dans le dossier de presse, le comédien qui emprunte davantage à Paul Newman qu’à Sean Connery dans ce volet raconte avoir vécu un incroyable moment durant les prises de vues de l’orgie avec les hippies. Une scène hilarante, bercée par le doux Lovin’ You de Minnie Riperton, et à propos de laquelle il se souvient :

Si je devais ne garder qu’un seul souvenir, je crois que ce serait le petit matin qui a suivi la nuit de tournage chez les hippies. Cette séquence-là avait déjà été très spéciale, pas pour l’aspect sexe mais pour ce qui s’est passé durant la première prise. J’arrive en plan large entre deux demoiselles, je tombe sur les figurants brésiliens, Michel nous met une musique totalement appropriée à la scène avec des petits oiseaux. Il est deux heures du matin, il y a une espèce de léger courant d’air hyper agréable. Toute l’équipe est morte de rire, personne ne veut lâcher le plan. Personne ne doit craquer, je ne dois pas rire alors que je suis en train de vivre un truc insensé. Le "Coupez !" qui a retenti après cette prise a été un moment hallucinant.

 

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