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À couteaux tirés : chaque indice compte en Blu-ray

En cette période de confinement, quoi de plus adapté qu’un semblant de huis clos ? Échappez à la morosité en partant à l’exploration d’une riche demeure labyrinthique et prenez part à une enquête surprenante qui ne manquera pas de vous étonner. « À couteaux tirés » est dès maintenant disponible en Blu-ray et fera de vous un véritable détective. À vos loupes et calepins !

Dirigé et écrit par Rian Johnson à qui l’on doit le tant décrié Star Wars, épisode VIII - Les Derniers Jedi (2017) mais aussi le drame SF Looper (2012) avec Joseph Gordon-Levitt (Inception) en tête d’affiche, À couteaux tirés (2019) est l’aboutissement de longues années de développement pour le réalisateur. Effectivement, près de 15 ans se sont écoulés depuis que l’idée lui est apparue suite à la sortie de Brick en 2005. Il puise alors son inspiration dans les romans d’Agatha Christie et dans des productions telles que Gosford Park (2001).

Avec un budget estimé à 40 millions de dollars, le long-métrage peut être considéré comme un succès commercial puisqu’il a rapporté pas moins de 311,5 millions de recettes à l’international. Autre marque de reconnaissance de sa qualité : ses nominations par des cérémonies prestigieuses comme les Oscars, BAFTA et Golden Globes.

À couteaux tirés : présentation et critique

Scénario ★★★☆☆

Tout commence lorsque le corps du riche romancier Harlan Thrombey (Christopher Plummer) est retrouvé égorgé par la gouvernante (Edi Patterson) au lendemain des festivités de son 85ème anniversaire. La scène laisse penser qu’il s’agit d’un suicide plus sanglant que d’ordinaire jusqu’à ce que le détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig) se retrouve convoqué sur les lieux par une lettre anonyme. Tandis qu’il interroge les membres de la famille tour à tour, la possibilité d’être confronté à un assassinat fleurit dans son esprit. Il n’est malheureusement pas simple de pointer du doigt un seul et unique potentiel coupable puisque le même mobile peut être attribué à chacun : la course à l’héritage. L’homme n’a d’autre choix que d’élargir son investigation en partant à la quête d’indices sur l’ensemble du domaine familial.

À couteaux tirés ne repose pas sur une structure conventionnelle du genre. Dès les premières dizaines de minutes (sur 130 de longueur), le spectateur se voit offrir les derniers instants de la vie du défunt. Non, le cinéaste ne se la joue pas mystérieux en usant d’une ombre glaçante engloutissant sa victime pour mieux la faire disparaître. Tout y est livré : visage, contexte, et méthode. Suite à cela, l’attention est presque exclusivement portée au meurtrier. C’est sans compter de nombreux rebondissements et des révélations complètement inattendues qui viennent ébranler les convictions du public. Une complexité savoureuse qui tient en haleine pendant ces deux heures de visionnage. Pour plus de détails concernant notre avis, rendez-vous ici.

Les éditions commercialisées

C’est avec classe et élégance qu’À couteaux tirés fait son entrée sur le marché physique de la vidéo. À défaut d’une édition Fnac contenant des suppléments inédits, Metropolitan Vidéo propose un steelbook limité disponible chez tous les marchands. Celui-ci est indispensable pour les amateurs de l’Ultra HD puisque la galette n’est pas éditée autrement. À voir si cela changera une fois que le boîtier métallisé sera en rupture de stock. Les acheteurs se contentant du DVD ou du Blu-ray retrouveront néanmoins leur format favori à l’unité, habillé d’un fourreau cartonné (d’après les visuels officiels).

De gauche à droite : DVD, Blu-ray, Steelbook + Blu-ray 4K + Blu-ray

Test Vidéo/Audio

Vidéo ★★★★★ Audio ★★★★★

Comme le veut la tradition et à en croire les données entrées sur IMDb, À couteaux tirés a été tourné à l’aide de plusieurs modèles de caméras Arri Alexa. Les résolutions de capture varient mais le master final a été achevé en 2K. La présence de grain, fin certes, mais bel et bien aisément identifiable, ne laisse pas de place au doute : celui-ci a été ajouté ultérieurement puisque le film n’a pas été immortalisé sur pellicule. Une apparence plus traditionnelle y est ainsi insufflée, rappelant les classiques cinématographiques tirés de la bibliographie d’Agatha Christie.

La précision de l’image est juste incroyable et ni aliasing ni souci de compression ne viennent gâcher le spectacle. Tout fourmille de détails, des gros plans aux plans d’ensemble. Et cela n’est pas de refus puisque la photographie est de première classe ! Le manoir familial regorge de sujets à contempler grâce à ses tapisseries aux motifs variés, ses bibliothèques, moulures, tableaux, gadgets et meubles. Explorer chacune des pièces est un pur délice visuel qui se trouve d’autant plus accentué par les tenues aux tissus multiples et colorés. Les contrastes sont soignés, avec des noirs profonds dont les ombres laissent apparaître au mieux chaque élément. Trouver un équilibre n’est pas évident avec les ouvertures donnant sur des extérieurs bien plus lumineux que ces vastes pièces éclairées à la lumière jaune artificielle. L’apport de la fonctionnalité HDR du disque 4K n’est sûrement pas négligeable pour ses acheteurs qui gagneront un apport d’informations conséquent en hautes lumières. Plusieurs scènes apparaissent désaturées mais l’ensemble demeure cohérent avec une identité visuelle admirable.

L’éditeur gâte à nouveau avec un doublage français en DTS-HD Master Audio 5.1 et une inattendue piste Dolby Atmos (Dolby TrueHD 7.1 pour les non-équipés) pour la version originale. Choix étonnant (mais salué) puisque l’œuvre ne se prête guère à une explosion d’effets sonores. Au contraire, l’ambiance est calme, posée. Les disputes ainsi que chutes et grincement des marches font partie des bruits les plus tonitruants auquel le public est confronté ! Cependant, l’activité surround est plaisante tout comme les compositions de Nathan Johnson (Don Jon) et les dialogues. Une piste audio pour les malentendants en DTS 2.0 est sélectionnable dans le menu et au démarrage du Blu-ray.

Test Bonus ★★★★★

Du supplément le plus anecdotique au plus dense, il s’agit d’une grande réussite pour l’éditeur qui aurait difficilement pu mieux faire (si ce n’est en incluant des sous-titres au second commentaire audio). À l’heure où des succès tels que le Joker sont très peu gâtés, il est tout simplement incroyable de trouver ici une telle richesse. Rien d’essentiel ne manque à l’appel et l’unique addition envisageable est une galerie de photographies et de storyboards. Cinq étoiles bien méritées.

  • Le commentaire Audio du réalisateur Rian Johnson, du directeur de la photographie Steve Yedlin et de l'acteur Noah Segan : les intervenants enchaînent les anecdotes et les sujets tels que la cinématographie, la mise en scène, les décors ainsi que les conditions de tournage (plateau, lieux réels…). Le tout est très informatif et fonctionne à merveille en complètement du making-of présenté par la suite.
  • Le commentaire Audio du réalisateur Rian Johnson : non-sous-titré.
  • Les scènes coupées (04:55 min) : « L’accident de vélo » (02:44 min) et « Ne faites rien d’irréfléchi » (02:11 min). En lecture automatique ou individuelle, avec un commentaire optionnel du réalisateur.
  • La fabrication d'un meurtre : le making-of (113:18 min) : « La préméditation : les inspiration » (11:53 min), « Le rassemblement des suspects : les acteurs » (19:27 min), « Tiré à quatre épingles : les costumes » (08:18 min), « La scène du crime : les décors » (13:05 min), « Les indices visuels : le format » (11:51 min), « La collection des indices : le montage » (12:33 min), « La musique qui tue : enregistrement et mixage » (24:38 min) et « Le dénouement : qui est le coupable ? » (11:30 min). En lecture automatique ou individuelle.
  • Rian Johnson : orchestrer le meurtre parfait (06:15 min) : le cinéaste et scénariste revient sur l’élaboration du scénario, d’une vue d’ensemble au départ jusqu’au script complexe qu’il en a tiré. Quels ingrédients y a-t-il injecté dans le but de maintenir le suspense jusqu’au bout ?
  • L'invitation au meurtre (01:41 min) : cette featurette qui a tout d’une bonne-annonce présente le film sous une forme très rétro, à l’aide d’un visuel noir et blanc ponctué de couleurs ainsi que de fausses traces d’usure.
  • Les publicités Thrombey (02:01 min) : « Thombey Immobilier » (00:33 min), « Les éditions Blood & Wine » (00:55 min) et « Les cosmétiques Flam » (00:33 min). En lecture automatique ou individuelle.
  • Les bandes-annonces (09:54 min) : À couteaux tirés (02:28 min), Tout l’argent du monde (02:29 min), Traîné sur le bitume (01:39 min), Hérédité (02:07 min) et Horse Soldiers (01:46 min).

Bilan ★★★★★

Le polar À couteaux tirés bouscule les codes des films à énigme en proposant une structure tout aussi rafraîchissante que surprenante. Paradoxalement, le regret principal provient sûrement d’un final décevant qui met à mal l’originalité de tout ce qui a précédé. Le Blu-ray fait quant à lui les choses en grand, que cela soit au niveau des suppléments que par sa qualité technique. Rendez-vous pour le second opus d’ores et déjà confirmé.

Les éditions DVD et Blu-ray d’À couteaux tirés sont disponibles sur Amazon et à la Fnac.