The Mandalorian épisode 1 : un début en demi-teinte

The Mandalorian épisode 1 : un début en demi-teinte

CRITIQUE / AVIS SÉRIE - Alors que le nombre de séries disponibles se multiplient, chaque plateforme essaie de se distinguer avec des séries phares, pour se faire une place parmi une offre tout bonnement vertigineuse. Propriétaire d’une ribambelle de licences populaires, Disney+ se lance dans la course au streaming avec une série estampillée Star Wars : "The Mandalorian". Notre avis sur le premier épisode.

Au départ simple film indépendant fabriqué artisanalement, Star Wars s’est vite transformé en marque. Au-delà du succès phénoménal de ce qui n’a longtemps été qu’une trilogie, puis une « prélogie », l’univers de cette galaxie très lointaine s’est développé sur tout un tas de supports. Les moindres détails, les moindres personnages tertiaires ont ainsi eu l’honneur de comics, romans, ou jeux vidéo, dont la qualité variait en toute logique selon les auteurs qui s’en emparaient.

Disney a donc trouvé une poule aux œufs d’or avec Star Wars – une de plus dans son catalogue faramineux. Voir l’histoire des Skywalker s’étirer sur grand écran peut finir par lasser les spectateurs, même si comme le relevait avec cynisme Anthony Daniels, interprète de C-3PO, tout le monde ira voir Star Wars 9 à Noël. Mais explorer l’univers étendu de La Guerre des étoiles sur petit écran a de quoi rendre curieux, et est sur le papier une potentielle bonne idée : après tout, cela fait quarante ans que l’histoire est étirée sur supports annexes. Qu’en est-il donc de ce Mandalorian ?

Jango, Boba, et les autres : le sens de la Fett

Chasseurs de primes « mandaloriens » dont l’allure a fait rêver de nombreux fans, Boba Fett et Jango Fett n’apparaissent que quelques minutes en tout et pour tout sur grand écran… Même si le premier a été introduit à la télévision justement, dans le fameux et nanardesque Holyday Special. Mais leur popularité fait que c’est l’univers des Mandaloriens que Jon Favreau, réalisateur entres autres des deux premiers Iron Man, a choisi de transposer en série. Si le héros de The Mandalorian ne semble pas avoir de rapport avec les deux Fett, il en possède tout l’attirail.

Qui dit chasseur de primes, dit ambiance western. L’idée est assumée dès les premières images de cet épisode pilote, qui commence dans un bar dont le décor et les loubards n’auraient pas dépareillé avec le far west. D’ailleurs, il se clôt par une fusillade type La Horde sauvage, mais est loin d’en avoir la même énergie…

C’est d’ailleurs un des principaux reproches que nous pouvons faire à la série : son manque d’ambition visuelle. En tant que série porte-étendard de Disney+, nous étions en droit de nous attendre à un épisode qui montrerait à quel point Disney est un empire du divertissement. Pourtant, rien ne vient dépasser un niveau correct, rien ne vient se hisser au niveau des séries les plus réussies du moment.

Non pas qu’on demandait à The Mandalorian d’être aussi beau qu’un épisode de Watchmen. Mais force est de constater que le programme ne se risque pas à tenter une quelconque folie, cantonnant sa mise en scène à simplement mettre en valeur les décors volontairement décrépis que traverse notre héros. D’ailleurs, la fusillade finale évoquée précédemment se déroule sous nos yeux sans qu’on accorde grande importance à l’action, qui est filmée sans grand panache.

The Mandalorian : Star Wars, épisode 6.31

Pour l’instant, on sait trop peu de choses sur le héros pour s’étendre à son sujet – difficile aussi de reconnaître Pedro Pascal sous le masque, mais aucun doute qu’il finira par l’enlever ! Niveau acteurs, notons d’ailleurs deux courtes apparitions qui ont de quoi surprendre. Werner Herzog tout d’abord, qui joue une sorte de caïd, fait plaisir à voir dans sa désinvolture.

Une désinvolture qui traverse l’écran d’ailleurs, puisqu’il expliquait dans une interview ne pas avoir vu de Star Wars, ni aucun film de Jon Favreau, et ne pas compter s’abonner à Disney+. Autre apparition surprenante : Carl Weathers, acteur du légendaire Apollo Creed, qui vient donner au chasseur de primes ses futurs contrats. Ces bizarreries viennent ainsi s’insérer dans la narration plus classique du reste de l’épisode.

Un peu d’humour, des gros plans sur le casque iconique, un droïde qui ressemble à R2-D2, des aliens piégés dans de la carbonite… Tout est fait pour brosser les fans dans le sens du poil, pour servir du fan-service qui n’est certes jamais désagréable, mais qui ne va pas au-delà de la simple référence appuyée. On pourrait faire ce même constat pour l’intégralité de ce premier épisode. Il se regarde sans déplaisir, mais sans non plus proposer un spectacle qui sort de l’ordinaire, surtout maintenant que Star Wars en est à son 11ème film, et que deux autres séries arrivent en 2020. Étonnamment, une scène finale arrive à pic pour nous donner quand même envie de voir la suite. Sans trop en révéler ici (mais vous pouvez vous rendre sur notre article pour en savoir plus), si l’élément mis en place est bien exploité, il pourrait permettre à The Mandalorian de dépasser ce côté « série fan service » qu’elle semble annoncer tout au long du pilote.

 

The Mandalorian créée par Jon Favreau, disponible sur Disney + à partir du 12 novembre 2019 (le 31 mars 2020 en France). Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Conclusion

Note de la rédaction

Si le premier épisode de "The Mandalorian" nous a un peu déçu, restons attentif à la suite. On espère ainsi être surpris, et on attend de voir l'intégralité de la série avant un jugement trop hâtif.

Note spectateur : 3.98 (4 notes)