Westworld : une saison 4 entre sobriété et évidence

Notre avis sur les quatre premiers épisodes

Westworld : une saison 4 entre sobriété et évidence

CRITIQUE / AVIS SÉRIE - L'avenir des humains et des hôtes continue de se jouer dans la saison 4 de "Westworld" qui offre à Evan Rachel Wood un nouveau personnage à interpréter. Critique sans spoiler basée sur les quatre premiers épisodes.

Précédemment dans Westworld

Après deux ans d’absence, Westworld fait son retour sur HBO (et OCS pour la France). Un écart entre deux saisons qu’on peut juger long pour le format sériel. Et peut-être d’autant plus pour un programme comme Westworld qui ne joue pas toujours la carte de la facilité en nous baladant entre différentes temporalités. Principalement sur les saisons 1 et 2, un peu moins avec la troisième, et de manière plus simple avec cette quatrième partie.

Westworld
Westworld ©HBO

On savait en effet, avec le final de la saison dernière, que l’arc de Bernard offrirait un bond dans le temps, ouvrant ainsi la porte à un nouveau monde futuriste, potentiellement apocalyptique. Le personnage incarné par Jeffrey Wright restant en sommeil pendant des années après s’être connecté au Sublime, le monde virtuel où se sont réfugiés les hôtes libérés par Dolores. Cette dernière avait de son côté également redonné leur libre arbitre aux humains, non pas sans concéquences (voir notre article résumé de la saison 3).

Dolores laisse la place à Christina

Cette mission, elle l'a achevée au péril de sa vie. Et pourtant, on la retrouve dès les premières minutes de Westworld saison 4 (après une sombre introduction impliquant l’homme en noir). Ou du moins, l’actrice Evan Rachel Wood (encore très juste) qui se présente à nous, au réveil, après un sommeil paisible. Un plan qui renvoie directement aux premiers épisodes de la série qui se déroulaient dans un parc d’attraction dans l’univers du Far West.

Mais cette fois, l’ambiance n’est plus aux cow-boys et aux Indiens. Notre héroïne se trouve dans le monde humain. Elle ne se fait plus appeler Dolores, mais Christina, et est employée par une société pour écrire des scénarios qui auraient des conséquences directes sur la réalité. Elle n’a plus l’assurance de sa prédécesseuse, et subit en silence les remontrances de son patron la journée, avant de participer le soir à d’ennuyeux rencarts organisés par sa colocataire.

Westworld
Christina (Evan Rachel Wood) - Westworld ©HBO

On se pose alors d’emblée cette question : est-ce une humaine ou une hôte ? La réponse n’arrivera pas tout de suite, car Westworld sait toujours aussi bien maintenir le suspense en nous baladant d’un personnage à l’autre, d’une intrigue à l’autre, avant de tout regrouper par de nouveaux rebondissements (et sans jamais nous lasser). On retrouve avec Christina quelque chose de la première saison de Westworld, de par ses questionnements sur sa vie et ce qui l'entoure, et par l'influence de la fiction sur le réel. En cela, elle est peut-être ce qu'il y a de plus intéressant dans ces nouveaux épisodes, avec un nouveau mystère pour accompagner chacune de ses découvertes (notamment le retour d'un personnage important des premières saisons).

Des enjeux pas si originaux

Pour autant, on ne tarde pas à comprendre ce qui se trame dans l'intrigue plus globale de cette saison 4. Alors que la série avait débuté avec des réflexions passionnantes sur le monde et l’humain, après une poignée d’épisodes (il y a là encore la question de l'évolution), les enjeux apparaissent désormais plus simplistes et peu surprenants. Même dans sa mise en scène, cette saison 4 (dans la lignée de la troisième) s’avère plus sobre, en dépit de quelques belles trouvailles. Il y avait par exemple la possibilité de tendre vers quelque chose de plus effrayant avec ces mouches qui évoque, là encore, certaines séquences marquantes des saisons précédentes.

Cependant, cette faiblesse visuelle n’est pas pour autant anodine. Elle trouve même une justification. Il y a par exemple une séquence dans un nouveau parc qui propose cette fois une plongée dans l’Amérique des années 1920. Si les tenues changent, les répliques restent les mêmes. L’émotion, par contre, est cette fois absente. Jonathan Nolan et Lisa Joy attirent donc notre attention avec des images déjà vues. Mais les créateurs de Westworld ne cherchent plus à en tirer la moindre sensation épique. Ils assument de représenter une pâle copie, en lien direct avec l'ambition d'une antagoniste qu'on aimerait voir s'imposer davantage à l'image. L'approche est donc cohérente au fil des épisodes, mais provoque néanmoins une certaine distance. La conséquence étant malheureusement de nous laisser de marbre devant le destin tragique de certains.

Westworld de Jonathan Nolan et Lisa Joy, la saison 4 sur OCS à partir du 27 juin 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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