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Gros Plan : Astérix, ce gaulois qui résiste encore et toujours !

Tandis que « Asterix – Le Secret de la Potion Magique » est sorti le mercredi 5 décembre en salles, il est temps de revenir sur l’histoire de cette bande dessinée française culte. On va bien évidemment parler des nombreuses adaptations cinématographiques, mais également des dessins animés et des bandes dessinées. Alors irréductibles gaulois c’est ici que ça se passe !

Une bande dessinée ultra culte qui résiste encore et toujours

Tout commence en 1959 quand le scénariste René Goscinny et le dessinateur Albert Uderzo créent Astérix le Gaulois dans le journal français Pilote. Un magazine hebdomadaire dans lequel plusieurs bandes dessinées françaises étaient présentées. Astérix raconte bien évidemment l’histoire d’irréductibles gaulois qui résistent, en -50, à l’invasion romaine. L’idée de placer son histoire à cette époque vient de Goscinny qui cherchait à mettre en avant un folklore français. Les gaulois sont apparus comme une évidence. En quelques heures seulement il conçoit, avec l’aide de Uderzo, tout un village et ses personnages. René Goscinny imagine ensuite un personnage malin, au petit gabarit, prenant le contre pied des stéréotypes des héros de bande dessinées souvent grands et forts. Uderzo imagine un compagnon de route qui serait son total opposé. Il s’agit évidemment de Astérix et Obélix.

En 1960, les deux auteurs affinent leurs idées dans le second épisode intitulé La Serpe d’Or. Ici Astérix et Obélix s’éloignent du village pour se rapprocher de Lutèce et des romains. Les ennemis récurrents des gaulois sont introduits. De même c’est aussi dans ce tome que le duo a l’idée d’isoler Assurancetourix, le barde, du banquet final. C’est un an plus tard que le premier album sort indépendamment, édité par Hachette, et reprend toutes les histoires parues jusque là. L’album se vend à 6000 exemplaires. En parallèle les gaulois continuent d’évoluer dans Pilote, notamment via un quatrième épisode Astérix gladiateur, dans lequel les créateurs ajoutent de nouveaux personnages qui deviendront également une blague récurrente : les pirates, en référence à la série Barbe-Rouge de Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier. C’est à partir de là que les ventes explosent puisque ce quatrième tome atteint les 150 000 exemplaires vendus. L’histoire suivante, La Tour de Gaule d’Astérix introduit un nouveau personnage culte : Idefix. Puis en 1963, les deux auteurs s’inspirent du mastodonte Cléopâtre, un des films les plus chers de l’histoire, pour écrire Astérix et Cléopâtre. Un album popularisé par la suite par le célèbre film de Alain Chabat.

Avec les albums suivants, la série ne cesse de gagner en popularité. En 1965 Astérix chez les Bretons s’écoule à 400 000 exemplaires. Puis l’année suivante, Astérix et les Normands, 9ème album de la série, passe le cap des 1 million d’exemplaires. René Goscinny et Albert Uderzo continuent de faire évoluer leurs planches en y incorporant le premier personnage féminin d’importance : Falbala, dans le 10ème album Astérix légionnaire. C’est en 1967 que la première adaptation animée de Astérix sort sur les écrans avec le dessin animé Astérix le gaulois.

Dix ans ont passé

Nous sommes en 1977, Albert Uderzo et René Goscinny viennent d’achever leur 23ème aventure, Obélix et Compagnie. Malheureusement, René Goscinny meurt brutalement d’une crise cardiaque, obligeant Albert Uderzo à finir seul Astérix chez les Belges. Pour lui rendre hommage, son compère de toujours crée la maison d’édition Albert René aidé par la veuve du scénariste, Gilberte Goscinny. Albert Uderzo continue de perpétuer l’héritage de son ami en assurant seul la rédaction et le dessin des albums suivant contre l’avis de leur éditeur Georges Dargaud. Il publiera 9 tomes par la suite jusqu’en 2005 et le décevant Le ciel lui tombe sur la tête dans lequel l’auteur incorpore des extraterrestres. En 2008 Albert Uderzo vend 60% des parts de sa société au groupe Hachette, qui récupère les droits sur l’intégralité de la saga. Uderzo retourne au dessin et signe en 2009 un album spécial, L’Anniversaire d’Astérix et Obélix – Le Livre d’Or pour célébrer les 50 ans de la saga. En 2011 Albert Uderzo engage un nouveau scénariste : Jean-Yves Ferri tandis que c’est Didier Conrad qui récupère le dessin en suivant le style originel. Le 18 octobre 2017 sort le dernier Astérix à ce jour : Astérix et la Transilatique, le 27ème tome, vendu à plus de 2 millions d’exemplaires. Une sacrée aventure débutée en 1959. Respect ! Pour l’anecdote, en 1999 Le Monde et la Fnac organisent un classement des 100 meilleurs livres du XXème siècle et placent Astérix le Gaulois à la 23ème position. Le succès de cette série a été tel que bien évidemment, elle a été déclinée en dessins animés et en films, sans parler des jeux vidéos.

Astérix en dessins animés : une continuité réussie

Astérix et Obélix ont été adaptés 14 fois depuis leur création dont 10 fois en animation. Le premier date de 1967. Deux romains en Gaule est présenté aux téléspectateurs mais ne reprend pas la trame d’un album en particulier puisqu’il raconte l’histoire d’un gamin aspiré par son livre sur les gaulois. A la manière de L’Histoire sans Fin, il se retrouve coincé dans l’œuvre. Si l’intrigue est centrée sur deux légionnaires romains incarnés par des comédiens en chair et en os, Astérix et Obélix sont également de la partie, animés et doublés par ceux qui resteront leurs interprètes vocaux pour longtemps : Roger Carel et Jacques Morel.

Astérix le Gaulois, également de 1967, est la première véritable adaptation animée des deux héros et comptabilise plus de 2 000 000 d’entrées à l’époque. Bien évidemment les choix des dessins animés collaient au succès des bandes dessinées. On retrouve ainsi les adaptations de Astérix et Cléopâtre (1968), Les douze travaux d’Astérix (1976), Astérix et la surprise de César (1985), Astérix chez les Bretons (1986), Astérix et le coup du menhir (1989), Astérix et les Indiens (1994), Astérix et les Vikings (2006), Astérix : Le Domaine des Dieux (2014) et enfin Astérix : Le secret de la Potion Magique (2018) qui est le seul film de la saga à ne pas être adapté d’une des bandes dessinées. Albert Uderzo et René Goscinny ont d’ailleurs eux mêmes réalisé Astérix et Cléopâtre ainsi que Les Douze Travaux d’Astérix.

Des adaptations toutes très fidèles au matériau d’origine et toutes plutôt réussies. Astérix : le Domaine des Dieux demeure cependant l’adaptation la plus appréciée, puisque même Uderzo a déclaré que celle-ci était sa préférée. Alexandre Astier et Louis Clichy se sont imprégnés de l’essence de ce gaulois et ont totalement modernisé la manière de le concevoir. Ce nouvel Astérix tourne une page puisqu’il devient un objet filmique passionnant et dépasse sa condition d’adaptation animée. Le long métrage est bien plus grâce à une écriture extrêmement appliquée. De même la réalisation est rythmée, bourrée de références pop et permet de mettre en scène un humour qui rend hommage à la bande dessinée. Plus qu’un dessin animé, Astérix et le Domaine des Dieux permet de sortir de l’univers fermé d’Astérix pour étendre la vision des deux créateurs, et les incorporant dans une réalité temporelle. C’est la force de ce film : il ne donne pas l’impression d’être adapté d’une bande dessinée rétro. Le duo de réalisateurs parvient à insuffler son propre style décalé dans le film. Le succès est tel qu’Alexandre Astier et Louis Clichy rempilent cette année avec la suite : Astérix et le Secret de la Potion magique, basé sur un scénario original. La saga Astérix en animation doit également beaucoup à une autre légende : Roger Carel. Fidèle à son poste il est resté la voix du petit gaulois pendant presque 50ans avant de prendre sa retraite en 2016 et d’être remplacé par Christian Clavier sur le dernier opus. Un acteur qui a incarné le gaulois à deux reprises au cinéma.

Astérix au cinéma : déjà quatre films ?

Depuis 1999, Astérix a été adapté à quatre reprises au cinéma, dans des films, pour la plupart, ratés. Mais le capital sympathie fonctionne. En tout cas sur le premier film : Astérix et Obélix contre César. Une chose est sur, la saga cinématographique de Astérix peut se targuer d’avoir eu des castings renversants. Et ce dès ce premier opus réalisé par Claude Zidi, l’homme derrière Les Sous-Doués, L’Aile ou la Cuisse, ou encore Les Bidasses en folie. Un réalisateur français relativement influent qui s’entoure d’un casting imposant. C’est Christian Clavier qui devient Astérix et ce pour deux films puisqu’il reviendra dans la suite : Mission Cléopâtre. Tandis que Gérard Depardieu endosse le costume de Obélix, et ce jusqu’au dernier opus qui date de 2012. Avec l’aide du talent de Roberto Benigni dans le rôle d’un légionnaire romain, ce premier film d’Astérix est relativement réussi. Christian Clavier et Gérard Depardieu incarnent parfaitement les deux gaulois et posent leurs visages sur ces icônes de la culture française. Aujourd’hui, l’image de Depardieu est indissociable de celle d’Obélix. Le film de Claude Zidi n’est pas un chef d’œuvre mais parvient à rester fidèle à l’entreprise de Uderzo et Goscinny en mettant en scène les personnages avec beaucoup de respect, tout en dynamisant le récit grâce aux nouvelles techniques, notamment en terme d’images de synthèse.

En 2002 c’est le grand bouleversement. Alain Chabat débarque à la réalisation de Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Il met en scène un film auquel personne ne s’attendait, surprend tout le monde et réalise un des plus grands hold-up de l’histoire du cinéma français. Christian Clavier et Gérard Depardieu sont de retour, mais Chabat élargit énormément son casting avec un nombre incalculable de célébrités françaises. Un procédé qui va devenir une marque de fabrique et permettre aux Astérix d’être de véritables films « choral ». Ainsi Jamel Debbouze, Gérard Darmon, Monica Bellucci, Claude Rich, Edouard Baer, Dieudonné, Isabelle Nanty, Jean Benguigui, Marina Foïs, Edouard Montoute rejoignent l’aventure. Mais Chabat, qui incarne pour l’occasion César ne s’arrête pas là et permet les apparitions rapides de Emma de Caunes, Claude Berri, Jean-Paul Rouve, Jean-Pierre Bacri, Mathieu Kassovitz, Omar Sy et Fred Testot. Bref à ce niveau là on tient le Avengers à la française. Alain Chabat voit les choses en énorme. Avec un budget de 50,3 millions d’euros, ce qui est un record à l’époque, il signe un film qui s’éloigne drastiquement du style originel de Uderzo et Goscinny. L’oeuvre a mobilisé 500 ouvriers pour les décors marocains, 2 000 figurants, plus de 11 kilomètres de tissus pour les costumes, 5 000 sandales, une douzaine de perruques pour Monica Bellucci et 1 500 pour les autres rôles. Le cinéaste y insuffle son propre style et l’humour décalé des Nuls. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre devient un énorme classique du cinéma français. La presse crie au génie devant la confirmation du talent de Chabat après La Cité de la Peur. L’acteur/réalisateur ne retrouvera d’ailleurs jamais un succès de cet ampleur. Le film a écrasé le box office en étant également distribué dans d’autres pays comme la Grèce, l’Allemagne, l’Espagne et les Etats-Unis et comptabilise plus de 110 millions de dollars de recettes dont plus de 74 millions sur le sol français. Un succès total qui a inscrit ce long métrage au panthéon des films français cultes.

En 2008, les réalisateurs Thomas Langmann et Frédéric Forestier tentent un nouveau film choral, cette fois adapté de Astérix aux jeux olympiques. Le duo réunit encore un casting renversant. Clovis Cornillac devient Astérix tandis que l’indétrônable Gérard Depardieu est toujours Obélix. Alain Delon devient César. Le casting se complète de Benoît Poelvoorde, Stéphane Rousseau, José Garcia, Franck Dubosc, Jean-Pierre Cassel et Alexandre Astier(tiens tiens). Pour l’occasion ils réunissent également quelques sportifs venus faire un caméo comme Amélie Mauresmo, Tony Parker et Zinedine Zidane. Mais un bon casting ne suffit pas à faire un bon film. Et cet opus annonce la fin d’Astérix au cinéma. Pourtant le long métrage fait le meilleur score de la saga au box office avec plus de 131 millions d’euros de recettes pour un budget monstrueux de 100 millions d’euros. Il s’agit du plus gros budget de l’histoire du cinéma français derrière Valérian. Mais le film va considérablement décevoir les fans. Les vannes sont moins précises, plus caricaturales, et surtout beaucoup moins drôles. Astérix aux Jeux Olympiques est une caricature ambulante et ne parvient pas à trouver son rythme. Les personnages sont stéréotypés tandis que rien ne fonctionne réellement à cause d’une approche trop superficielle. Cet opus est un décevant pastiche qui tient un minimum la route grâce à son casting et au capital sympathie que représente l’œuvre.

Enfin en 2012 sort la dernière adaptation live des gaulois à ce jour. Astérix et Obélix : Au service de sa majesté est réalisé par Laurent Tirard. Astérix change encore de visage puisque Edouard Bear reprend le flambeau. Encore une fois le casting est imposant avec Fabrice Luchini en César, accompagné de Guillaume Gallienne, Vincent Lacoste, Valérie Lemercier, Catherine Deneuve, Charlotte Le Bon, Dany Boon, Jean Rochefort, Gérard Jugnot et bien évidemment Depardieu en Obélix. Une nouvelle version un peu plus appréciée par la presse que la précédente, mais qui échoue pourtant au box office avec le plus petit score de la saga : 55 millions d’euros de recettes. Astérix et Obélix: Au service de sa Majesté est en réalité une adaptation combinée de deux albums différents : Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands, qui avaient auparavant été adaptés en dessin animé de façon séparée. Un dernier opus qui a donc mis un froid aux adaptations live de Astérix et Obélix. Les studios misent dorénavant sur l’animation, un genre qui correspond sans doute d’avantage à l’univers, grâce au travail de Louis Clichy et Alexandre Astier sur les deux derniers opus.

Astérix est une véritable institution puisque le travail de Uderzo et Goscinny divertit les enfants depuis 1959. Un bon nombre de générations toutes touchées par l’humour, l’héroïsme et l’attachement que procurent ces personnages. Ancrés dans la culture populaire, Astérix parait immortel, et ne cesse de résister encore et toujours à la concurrence étrangère et nationale… 

 

Retrouvez ci-dessus la bande-annonce de Astérix : Le secret de la Potion Magique en salles depuis le 5 décembre 2018.

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