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Cannes 2018 : les films à suivre à Un Certain regard

Le 71ème Festival de Cannes approche à grand pas. Pour vous faire patienter, et tandis que les annonces des sélections se succèdent, voici la liste des 50 films que l’on attend à Cannes cette année, classés par sélection. Focus sur les films sélectionnés à Un Certain regard pour cette deuxième partie.

Cette année, la sélection parallèle connue pour promouvoir des cinéastes méconnus et/ou débutants s’est révélée dans la lignée du renouvellement proposé par Thierry Frémaux pour sa Compétition. Alors que nous avions eu droit à Mathieu Amalric, Taylor Sheridan, Michel Franco, Kiyoshi Kurosawa ou Wim Wenders au palmarès des années précédentes, aucun nom ronflant et prestigieux ne composera celui d’Un certain regard version 2018.

Le jury, présidé cette année par l’acteur américain Benicio Del Toro, aura toutefois quelques propositions intrigantes à se mettre sous la dent. Parmi les quinze films sélectionnés cette année dans cette catégorie, nous en avons retenus une dizaine qui méritent toute votre attention. Les films du chinois Bi Gan, de la Française Vanessa Filho, de l’indienne Nandita Das et de l’allemand Ulrich Köhler semblent sortir du lot. Les films sont classés par ordre alphabétique du nom des cinéastes.

Long Day’s Journey Into Night de Bi Gan

Qu’est-ce que c’est ?

Long Hongwu retourne dans la ville où il a grandi une dizaine d’année après y avoir commis un meurtre pour lequel il n’a toujours pas été punit. C’est alors que les souvenirs de la jeune femme qu’il a tué reviennent troubler sa perception de la réalité.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que même si ce n’est que le second long-métrage du chinois Bi Gan, il sera fortement attendu cette année à Cannes après le succès de son premier film, Kaili Blues, prix du meilleur réalisateur à Locarno en 2015. C’est, sans aucun doute, la tête d’affiche de cette édition 2018 d’Un Certain regard.

Sofia de Meryem Benm’Barek

Qu’est-ce que c’est ?

Sofia, une jeune marocaine sur le point d’accoucher, fait un déni de grossesse. Sa cousine décide de l’aider et l’accompagne à l’hôpital, qui l’accepte de la prendre en charge à une condition : que le père de l’enfant fournisse ses papiers d’identité avant le lendemain.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que ce premier film de Merym Benm’Barek symbolise l’aspiration habituelle des films d’Un Certain regard à donner, justement, un regard différent des autres sélections. Ici, celui d’une jeune femme à la recherche d’un homme dans une course contre la montre pour la reconnaissance.

Manto de Nandita Das

Qu’est-ce que c’est ?

L’histoire du controversé auteur indien Saadat Hasan Manto (1912-1955) en pleine partition des Indes.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que ce sera l’occasion de lever le voile sur cet auteur indien méconnu en France. Réputé pour ses histoires contemporaines en plein cœur de la douloureuse partition Indo-pakistanaise, Saadat Manto a été accusé et jugé pour obscénité à de nombreuses reprises au cour de sa carrière.

À genoux les gars d’Antoine Desrosières

Qu’est-ce que c’est ?

Yasmina et Rim, deux sœurs musulmanes de 17 et 18 ans, découvrent la sensualité et la sexualité. Mais tandis que sa petite soeur est victime d’un chantage à la sex-tape, Rim va prendre ses distances, laissant Yasmina seule et désemparée.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que même si Antoine Desrosières est un réalisateur connu depuis un moment déjà, À genoux les gars marque son retour à la réalisation d’un long-métrage, dix-huit ans après Banqueroute. Et parce que le synopsis laisse entendre un film dans la continuité de Haramiste, son dernier moyen-métrage qui avait fait forte impression à Pantin en 2014.

Girls de Lukas Dhont

Qu’est-ce que c’est ?

Lara, 15 ans, née garçon, rêve de devenir danseuse étoile. Son père l’aidera à relever cet incroyable défi.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que l’on a hâte de voir ce que ce film, réalisé par le Belge Lukas Dhont, montrera de nouveau (ou pas) à propos de l’acceptation des corps métamorphosés et changeants après les récents Coby et Finding Phong. En plus, bien entendu, de la description du milieu de la danse et des relations père-fille.

Gueule d’ange de Vanessa Filho

Qu’est-ce que c’est ?

Une jeune femme élève seule sa petite fille de huit ans. Mais après une rencontre au cours d’une soirée en boite de nuit, elle décide de partir, laissant l’enfant derrière elle.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que ce premier film de la Française Vanessa Filho a pour tête d’affiche Marion Cotillard. Et parce que le pitch annonce un film dans la veine de Jeune femme de Léonor Serraille, caméra d’or l’an dernier, jouant sur les relations inter-féminines et l’accès à l’indépendance.

Euphoria de Valeria Golino

Qu’est-ce que c’est ?

Matteo est un entrepreneur à succès peu scrupuleux. Son frère, Ettore est un homme prudent qui n’a quant à lui jamais quitté la ville de province où ils ont tous les deux grandi. Mais Matteo et Ettore vont devoir se rapprocher de nouveau.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que Valeria Golino, actrice italienne reconvertie réalisatrice, avait déjà été sélectionnée à Un Certain regard en 2013. Son premier long-métrage, Miele, y avait fait l’objet de critiques dithyrambiques outre-Atlantique malgré une sortie française un peu confidentielle.

Mon tissu préféré de Gaya Jiji

Qu’est-ce que c’est ?

À Damas, au début de la guerre civile syrienne en mars 2011, Nahla, 25 ans, est divisée entre son envie de liberté et celui de quitter son pays par le biais d’un mariage arrangé avec Samir, un Syrien expatrié aux Etats-Unis. Mais, Samir lui préfère sa jeune sœur, Myriam.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que le film cumule, sur le papier, tous les bons points : film réalisé par une femme de nationalité syrienne, portraitisant des aspirations féministes et libertaires en phase avec son époque. Reste à voir si l’on ne tombera pas dans un énième catalogue venu cocher des cases.

Les Moissoneurs de Etienne Kallos

Qu’est-ce que c’est ?

En Afrique du Sud, la mère de Janno, un jeune homme timide et réservé, prend sous son aile un orphelin du nom de Pieter, demandant à Janno de le considérer comme son frère. Mais la relation entre Janno et Pieter s’avère conflictuelle et difficile.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que le gréco-sud-africain Etienne Kallos est passé par la Cinéfondation de Cannes avec son court-métrage Doorman en 2006, passant ici au long. En espérant qu’il se révèle comme un des nouveaux cinéastes à suivre made in Cannes.

In My Room de Ulrich Köhler

Qu’est-ce que c’est ?

Alors qu’un homme isolé s’ennuie, il s’aperçoit que tout le monde autour de lui s’est volatilisé. Mais il n’est pas vraiment sûr de cette réalité.

Pourquoi on l’attend ?

Parce que le pitch de ce film allemand nous intrigue beaucoup. Et parce que Ulrich Köhler, compagnon de la réalisatrice de Toni Erdmann Maren Ade, avait remporté l’Ours d’argent du meilleur réalisateur à Berlin en 2011 pour son dernier film, La Maladie du sommeil.

Parmi les films non-cités ici, et qui se révéleront, pourquoi pas, lors de leur projection cannoise, il reste Gräns du cinéaste danois d’origine iranienne Ali Abbasi, Les Chatouilles du duo français Andréa Bescond et Eric Metayer avec Karin Viard et Clovis Cornillac, Rafiki de Wanuri Kahiu, sur une histoire d’amour entre deux jeunes kényans à Nairobi (à surveiller !), El Angel de l’Argentin Luis Ortega ou encore The Gentle Indifference of the World du kazakhe Adilkhan Zerzhanov. Avis aux amateurs.

La troisième partie des 50 films attendus à Cannes en 2018 à venir très bientôt. En attendant, vous pouvez aussi lire notre première partie sur les films attendus en compétition officielle.

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