Ce soir, France 2 diffuse "À plein temps", un film réalisé par Éric Gravel sorti en 2022, et porté par une Laure Calamy impressionnante. Derrière son intrigue simple – une femme jonglant entre son travail et sa vie de mère célibataire – se cache un thriller haletant, où chaque seconde compte. Avec une mise en scène immersive et une tension qui ne faiblit jamais, ce film transforme la routine du quotidien en une course effrénée contre le temps.
Un thriller social où le temps devient un ennemi
Dans À plein temps, Julie (Laure Calamy) élève seule ses deux enfants tout en travaillant comme femme de chambre dans un palace parisien. Mais son quotidien déjà compliqué vire au cauchemar lorsqu’une grève des transports la plonge dans une lutte permanente pour arriver à l’heure au travail et préserver son emploi. Déterminée à s’en sortir, elle tente en parallèle de décrocher un poste plus en phase avec ses qualifications, mais chaque obstacle semble vouloir la ralentir.
Éric Gravel transforme cette réalité en un véritable survival social, où chaque minute est une bataille. La mise en scène épouse le rythme de Julie : caméra nerveuse, montées de tension constantes et musique électrisante transforment ses trajets en épreuves anxiogènes. En suivant cette femme dans une spirale où tout peut s’écrouler en un instant, le film capte avec une intensité rare la pression quotidienne de millions de travailleurs précaires.
Comme dans un polar, le spectateur est happé par l’urgence de chaque situation. Le stress du retard, l’angoisse d’un appel manqué, l’imprévisibilité des événements : À plein temps s’appuie sur ces éléments anodins pour en faire le moteur d’un suspense haletant.
Laure Calamy : une performance sous haute tension
Déjà césarisée pour Antoinette dans les Cévennes, Laure Calamy livre ici une prestation d’une intensité rare. Son visage tendu, son souffle court, sa course perpétuelle traduisent toute l’épuisement et la résilience de son personnage. Sa performance a été récompensée par le Prix de la Meilleure Actrice dans la section Orrizonti à la Mostra de Venise, soulignant la force de son interprétation.
Le film a également reçu le prix de la Meilleure mise en scène, preuve que le travail d’Éric Gravel dépasse la simple chronique sociale. En filmant la vie d’une femme comme un thriller palpitant, il met en lumière un système où la performance et la rapidité prennent le pas sur l’humain.