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Compte-rendu du 12e Festival du film coréen à Paris

Le Festival du film coréen à Paris se tenait du 24 au 31 octobre 2017. Retour sur une 12e édition, comme toujours, riche en émotions et marquée par la diversité de sa sélection.

« Le cinéma est un excellent moyen de connaître une histoire et une société ». C’est sur ces mots du président du Centre culturel coréen que s’ouvrit mardi 24 octobre 2017 le Festival du film coréen à Paris. Et en effet, peut-être encore plus que les années précédentes, cette 12e édition fut avant tout marquée par son regard sur l’Histoire de la Corée.

Un focus important sur les années 1980

Outre un rappel des atrocités subit durant la Seconde Guerre mondiale avec I Can Speak et Battleship Island, les programmateurs avaient choisi cette année de mettre en avant les années de dictature avec la section Focus. Cinq films ont ainsi dépeint la période des années 1980, de mai 1980 à juin 1987.

D’abord avec A Taxi Driver, qui derrière sa forme peu subtile remémore les débuts du régime militaire par son occupation de Gwangju et le massacre de milliers de manifestants. Puis, tandis qu’Ordinary Person évoque les manipulations des services secrets, The Attorney et surtout National Security ont représenté frontalement les tortures aberrantes du milieu des années 1980, envers les opposants au régime. Enfin, le documentaire The 6 Days Struggle of Myong-dong Cathedral, tourné lui en 1997, retraçait les six jours d’affrontements à la cathédrale de Myong-dong qui allaient conduire au soulèvement démocratique de juin 1987. Un film pertinent, de par son regard teinté aussi bien d’espoirs que de regrets.

National Security

Entre grand spectacle et cinéma intimiste

Évidemment, cette année, les festivaliers ont pu découvrir des œuvres plus légères et grand public. Que ce soit avec les pures comédies The King’s Case Note et Midnight Runners (ce dernier évoquant également un sujet sombre), le film politique The King, le fantastique Vanishing Time, ou encore le très angoissant The Mimic, qui clôtura parfaitement le festival, le soir d’Halloween.

Néanmoins, tandis que le thriller V.I.P et le drame en costume The Forteress ont laissé plutôt sceptiques, ce sont les œuvres les plus intimistes qui sont sorties du lot. À l’image du très personnel Jamsil, film presque thérapeutique pour la réalisatrice Lee Wan-min (voir notre interview). Un cinéma d’auteur, porteur d’un regard toujours important sur la société. Que ce soit au travers des pressions familiales de The First Lap, de la violence disciplinaire de The Seeds of violence, de l’individualisme au sein du monde de l’art dans The Artist : Reborn, ou par le cri de rage des punks de No Money, No Future.

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The First Lap

Le palmarès

La 12e édition du Festival du film coréen à Paris s’est alors clôturée ce mardi 31 octobre 2017 au soir, avec les traditionnelles récompenses. Une Mention spéciale du Jury Sens Critique fut ainsi remise à A Quiet Dream, tandis que Vanishing Time a reçu le Prix du Public, au grand plaisir de son réalisateur, Um Tae-hwa, présent durant le festival (voir notre interview).

Du côté des récompenses professionnelles, celles-ci concernaient comme chaque année les courts-métrages. Sur les vingt films sélectionnés, c’est Break off Day qui aura le plus marqué pour sa problématique de l’avortement en Corée du Sud. Le film de Kim Kyoungju remportant le Prix du Jury Étudiants, ainsi que le Prix du meilleur scénario.

Également, Throttled de Kim Jihyeon est reparti avec le Prix du meilleur court-métrage d’animation, tandis que Hitchhiker de Jéro Yun reçu une mention spéciale. Enfin, le Prix Fly Asiana 2017 est revenu au film Alone Together. Un film délicat et touchant de Baek Kyungheon sur la relation entre une malvoyante et une jeune aide à domicile.

Les « Dimanches en Corée »

Cette 12e édition aura donc été une nouvelle fois une réussite pour la trentaine de bénévoles qui ont œuvré durant ces huit jours – le festival battant notamment son record d’affluence. Il sera désormais long d’attendre l’année prochaine pour une nouvelle édition. Heureusement, pour patienter, le festival continue de proposer, au cinéma Publicis des Champs-Elysées, avec ses « Dimanches en Corée », une œuvre du cinéma coréen, chaque mois, jusqu’à août 2018. Le programme est à découvrir ici.

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