Contagion de Steven Soderbergh : le scénariste s'exprime en pleine pandémie de coronavirus

Avec l'apparition du coronavirus, le film "Contagion" a connu un regain de popularité. Il faut dire que les points communs avec ce que l'on traverse actuellement sont flagrants. Le scénariste Scott Z. Burns revient avec du recul sur son travail et il n'était pas si loin de la vérité en 2011...

Les salles de cinéma sont quasiment à l'arrêt ou amputées de nombreuses sorties importantes, mais les plateformes de SVOD marchent à fond. Un titre en particulier, Contagion, s'offre une seconde vie, des années après sa sortie. Quand on a compris ce que le coronavirus impliquait et son mode de fonctionnement, on n'a pu que se rappeler que le film signé Steven Soderbergh avait quasiment tout prophétisé. Nous ne sommes pas encore au stade où les gens se battent pour les vivres ni au moment où un vaccin sera trouvé, mais on voit chaque jour que le film tutoie diaboliquement la réalité.

Son scénariste, Scott Z. Burns, évoque dans une interview pour Variety la manière dont le script a vu le jour et comment, ce qui était une fiction, peut aujourd'hui nous rattraper. C'est après la collaboration avec Steven Soderbergh sur The Informant! qu'il envisage de retravailler avec lui, quand le réalisateur lui demande s'il a une autre idée en tête. Burns parle de ce film à propos d'une pandémie mais insiste sur le fait qu'il veut que le traitement soit réaliste et basé sur des prévisions scientifiques. Soderbergh est séduit par l'idée.

Contagion avait presque tout prévu

L'objectif de Contagion n'était pas d'être un spectacle avec des paramètres qui relèvent du fantasme. Burns se rapproche alors du docteur Larry Brilliant, un épidémiologiste qui a connu la variole. Il rencontre ensuite d'autres scientifiques, qui vont l'aider à bâtir un scénario envisageable au plus haut point. Par exemple, on découvrira dans Contagion qu'une chauve-souris est à l'origine de la pandémie - l'animal volant est suspecté d'avoir joué un rôle dans l'émergence du virus. Quand le journaliste lui demande comment ces estimations ont vu le jour, il explique qu'ils se sont basés sur le SRAS pour imaginer ce qu'il adviendrait si un virus similaire pouvait résister plus longtemps. Bien que son imagination puisse aider à envisager certaines conséquences, il ne pouvait pas tomber juste à tous les coups. Comme mentionné dans l'interview, il lui était impossible de savoir comment les administrations allaient agir et encore moins que le président en place allait mettre autant de temps avant de prendre des mesures pour protéger son peuple.

Un autre point intéressant de l'interview est le moment où il revient sur la mort de stars dans le film. Steven Soderbergh et Burn tenaient à ce que des membres du casting quatre étoiles puissent y passer. Une intention qui renforce ainsi l'idée que tout le monde peut être atteint et que le virus ne choisit pas ses cibles. Là aussi, l'écho avec notre cas est parfait puisque des personnalités de tous les horizons (cinéma, sport, politique...) sont contrôlées positives au coronavirus.