Fast & Furious 10 : la colère gronde chez les habitants de Los Angeles

La production de l'avant-dernier film de la saga, "Fast & Furious 10", n'est pas vraiment du goût de certains habitants du quartier Angelino Heights de Los Angeles, où se prépare une journée de tournage. Une manifestation est prévue pour s'y opposer.

Fast & Furious, une saga qui pose problème

C'est ce qu'on appelle, d'une certaine manière, la rançon de la gloire. Le premier film Fast & Furious, sorti en 2001 et centré sur le tuning et les courses de rue, a en effet donné naissance à une des plus grandes franchises d'action de l'histoire du cinéma. En vingt ans, dix films - dont le spin-off Hobbs & Shaw - ont été produits, avec une démesure croissante.

Porté par Vin Diesel et Paul Walker - jusqu'au décès accidentel de ce dernier en novembre 2013 - la saga présente des personnages qui forment une vraie "famille". Ceux-là ont progressivement abandonné le milieu du street racing pour, depuis le cinquième opus, devenir des braqueurs et action heroes de haut vol, affairés tout autour du monde.

Mais, très populaire dans les salles de cinéma, la saga se trouve actuellement l'être beaucoup moins sur son lieu de tournage, comme le rapporte Variety. En effet, les prises de vues prévues ce vendredi 26 août à Los Angeles, dans le quartier d'Angelino Heights, quartier d'origine de Dominic Toretto et de ses amis et où se déroulait une bonne partie du premier film, déclenchent la colère des riverains. Mais plutôt que ce seul jour de tournage de Fast & Furious 10, aussi appelé Fast X, c'est surtout le phénomène du street racing qui est dénoncé.

Une pratique très risquée dont les habitant ne veulent plus

Angelino Heights, c'est là où se trouvent le Bob's Market, et la maison familiale des Toretto. Deux endroits devenus emblématiques et lieux de pèlerinage pour les fans de la saga comme pour les street racers. En d'autres termes, des endroits où ont régulièrement lieu des courses illégales de bolides modifiés et surpuissants, avec leurs dérapages, hurlements de moteurs, et forcément des accidents.

Pour le tournage de Fast & Furious 10, il est ainsi prévu de la photographie aérienne, de la fumée, des interventions fictives des services de secours, et une humidification de la chaussée. Du bruit et des nuisances à prévoir donc, mais pas de quoi monter au créneau dans LA ville du cinéma. En réalité, la colère des riverains concerne surtout le street racing, que la saga Fast & Furious n'a pas inventé mais qu'elle a grandement popularisé et, même si ça n'était pas son intention, promu. Un email transmis par un résident au conseil municipal et obtenu par Variety indique ainsi :

Si ce tournage est autorisé à prendre place à Angelino Heights, ou tout autre relatif à la production de Fast X, nous manifesterons et inviterons beaucoup de journalistes et de reporters à couvrir notre protestation, toute la journée et toute la nuit. Nous manifesterons pour rendre hommage aux 178 personnes qui ont été tués par des street racers à Los Angeles, et pour dénoncer le mépris cruel d'Universal pour cette épidémie mortelle de street racing que leurs films ont initiée et continuent de promouvoir.

Universal en bouc émissaire

Concernant les désagréments occasionnées par les tournages, plusieurs riverains rapportent qu'Universal a offert des dédommagements bienvenus, et d'autres insistent sur le fait que de tels tournages ont une incidence économique positive dans le quartier. Pour le reste, le street racing et d'une manière générale la délinquance routière ont explosé aux États-Unis depuis la pandémie de COVID. Les autorités ont en effet constaté une mortalité routière en hausse de 22% pour les trois premiers mois de 2022, comparés aux chiffres de 2020.

Un phénomène global donc, et dont Universal ne peut pas être tenu pour seul ou même premier responsable...