Les studios de cinéma pourront être poursuivis pour "bandes-annonces décevantes"

Les studios de cinéma pourront être poursuivis pour "bandes-annonces décevantes"

L'information peut paraître étonnante, mais Le procès entre deux fans d'Ana de Armas et Universal pourrait bien changer la donne au niveau du contenu des bandes-annonces !

Ana de Armas au cœur d'une étonnante plainte

Si les motivations peuvent sembler dérisoires, la plainte, elle, est bien réelle. En début d'année, deux Américains particulièrement fans de la comédienne Ana de Armas ont saisi la justice, et ce, pour une raison surprenante. Voyant leur actrice fétiche dans la bande-annonce de Yesterday, réalisé par le talentueux Danny Boyle, tous deux avaient décidé de louer le film. Jusque-là, rien d'anormal. Seulement, le visionnage s'est avéré être particulièrement déceptif puisque le personnage campé par l'actrice a été coupé au montage final.

Yesterday
Yesterday ©Universal

Ana de Armas devait incarner une femme dont le personnage principal du film tombe amoureux. Seulement, après les projections test, les équipes ont réalisé que les spectateurs réprouvaient le fait que le héros ne finisse pas avec son premier love interest (Lily James). Selon le scénariste Richard Curtis (Love Actually), voilà donc la cause de la disparition du personnage joué par la comédienne.

Visiblement très remontés, les deux fans ont donc saisi la justice californienne, assurant que, s'ils avaient eu vent de l'absence d'Ana de Armas au casting du long-métrage, ils n'auraient jamais loué le film. Chacun d'eux a déboursé environ quatre euros pour louer le film sur Amazon, et ils réclament au moins cinq millions de dollars pour compenser le préjudice subi. On connaît désormais la décision du juge fédéral en charge du dossier. Cette dernière risque de faire parler, mais surtout de créer un précédent.

Universal épinglé ?

Le studio n'est pas resté les bras croisés face à cette attaque des fans d'Ana de Armas. Universal définit (via Variety) les bandes-annonces comme des œuvres artistiques de trois minutes, visant à exposer la thématique d'un film. De fait, le studio martèle que ces dernières sont, par définition, "non-commerciales". Plus encore, on devrait au contraire les protéger, puisqu'elles relèvent de la liberté d'expression.

Les avocats d'Universal insistent sur les dérives qu'un tel précédent pourrait occasionner et prennent d'autres œuvres pour exemple, dont notamment Jurassic Park. Le trailer du film de Steven Spielberg ne réunissait en effet que des séquences ne figurant nullement dans le long-métrage.

Malheureusement, le juge Stephen Wilson ne l'entend pas de cette oreille. À l'inverse, il estime fallacieux les arguments du studio. De son point de vue, une bande-annonce est par essence porteuse d'un discours commercial. Par conséquent, un trailer peut être soumis aux lois concernant la publicité mensongère ! Cherchant à rassurer les studios, qui estiment que les spectateurs pourraient, dès lors, saisir la justice à tout bout de champ, il insiste sur l'idée que la notion de publicité mensongère ne s'applique que si "un grand nombre" de "consommateurs raisonnables" a été mené en bateau.

En ce qui concerne ce cas précis, l'absence d'Ana de Armas dans le long-métrage, malgré sa présence dans la bande-annonce, laisse selon lui à penser qu'elle tiendra un rôle significatif dans le film. Un coup dur qui pourrait bien créer un précédent pour les studios, les forçant à faire plus attention au contenu des trailers... Affaire à suivre, donc !

 

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