Sorti en 1990, le classique de la science-fiction "Total Recall" signé Paul Verhoeven vient tout juste d’arriver sur Netflix France. Porté par un Arnold Schwarzenegger au sommet de sa carrière, le film mêle action musclée, univers dystopique et questionnements existentiels. Trois décennies plus tard, un mystère persiste : ce que l’on voit à l’écran est-il réel ou intégralement fantasmé ?
Une réalité en miettes, une mémoire incertaine
Le récit de Total Recall suit Douglas Quaid (Arnold Schwarzenegger), ouvrier frustré de sa vie monotone, qui décide de se faire implanter un souvenir de vacances sur Mars par la société Rekall. L’opération tourne mal. Ou pas. Car à partir de ce moment, le film bascule dans une spirale d’espionnage, de rébellion martienne, de course-poursuite et de révélations multiples. Quaid devient un agent double, libérateur d’une colonie opprimée, marié à une femme qu’il ne reconnaît plus.
Mais tous les éléments de cette nouvelle vie correspondent exactement au scénario que lui avait proposé Rekall. Et si tout n’était qu’un rêve ? L’idée est glissée dès le départ, puis alimentée tout au long du film par des détails troublants : un médecin venu le raisonner, une lumière blanche en guise de conclusion, des dialogues qui sonnent comme des avertissements. Verhoeven, loin de trancher, joue avec les attentes du spectateur et refuse toute réponse définitive.
Un blockbuster cérébral avant l’heure
Longtemps vu comme un simple film d’action futuriste, le long-métrage a gagné en estime au fil des ans. Son mélange de satire sociale, de paranoïa technologique et de faux-semblants en fait une œuvre plus maligne qu’il n’y paraît. Le tout est emballé dans une esthétique brutale et inventive, typique de Verhoeven, déjà auteur de RoboCop et futur réalisateur de Starship Troopers.
La fin continue d’alimenter des dizaines de théories, au point que Total Recall est aujourd’hui cité comme l’un des films les plus ambigus de la science-fiction moderne. Sa force réside dans cette zone grise entre rêve et réalité, sans jamais basculer d’un côté ou de l’autre. Trente-cinq ans plus tard, rien n’est plus réjouissant que de s’y perdre à nouveau.