Pour protéger Princesse Mononoké à sa sortie à l'étranger, les producteurs du célèbre studio japonais Ghibli ne se sont pas laissé faire. Ils n'ont envisagé aucune entrave à leur travail, même face à Harvey Weinstein.
L'héritage Ghibli
Depuis plus de trente ans, le studio Ghibli donne naissance à des œuvres vues comme des modèles dans le domaine de l'animation japonaise et internationale. Dans son rang figurent Porco Rosso, Le voyage de Chihiro, mais aussi Le Tombeau des Lucioles et Mon voisin Totoro - qui offrent tous les deux la stabilisation financière au studio en 1988. Bien d'autres s'ajoutent au catalogue, disponible en quasi intégralité sur Netflix.
Fondé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, le studio cinématographique multiplie les succès au Japon. Jusqu'à devenir une référence, et porter enfin ses films sur les autres continents.
Véritable ode à la nature, Princesse Mononoké raconte le périple d'Ashitaka à la recherche des esprits et dieux de la forêt. Durant son voyage, il rencontre Dame Eboshi, qui dirige le village des forges. Puis la princesse Mononoké, qui protège ces bois majestueux. Une fable écologique miraculeuse aux décors verts et à la faune débordante.
Un cadeau ou une menace ?
Afin d'exporter à l'étranger les films du studio Ghibli, ce dernier passe par Disney et signe un accord en 1996 avec le studio aux oreilles de Mickey. Le studio américain s'engage à ne pas modifier les longs-métrages japonais qu'il distribuera sur tous les continents à l'exception de l'Asie. Ainsi, Princesse Mononoké devient le premier film Ghibli exporté à l'international en 1997.
Entre ensuite en jeu la société Miramax, créée notamment par Harvey Weinstein, et filiale de Disney à cette époque. C'est à Miramax de s'occuper de distribuer le film aux États-Unis. Avant de passer par la case prison en raison de ses agressions sexuelles répétées, Harvey Weinstein est un producteur craint. Surnommé "Harvey Scissorhands" (en référence à Edward aux mains d'argent) pour couper de nombreux films, il tente de cisailler le travail de Miyazaki.
Pour The Guardian, le réalisateur explique les menaces du producteur américain voulant raccourcir Princesse Mononoké à 1h30, lorsqu'ils se sont rencontrés à New York :
J'ai été bombardé d'attaques agressives et d'innombrables demandes de coupes.
Pour lui répondre et exiger qu'aucune coupe ne soit faite, Toshio Suzuki, le producteur du Studio Ghibli, envoie un beau cadeau à Weinstein. Un sabre japonais gravé des seuls mots "NO CUTS" ("Pas de coupures"). Une manière de faire comprendre que le long-métrage n'a aucune chance d'être raccourci. Lorsque le film sort en Amérique, il ne bénéficie ainsi d'aucune modification. Victoire pour Ghibli !
https://www.youtube.com/watch?v=z9Ug-3qhrwY