Rasta Rockett : les détails d'une histoire pas si vraie

"Rasta Rockett" est un de ces films des 90s pour lesquels on éprouve une tendresse démesurée. Cette comédie Disney est drôle, émouvante et à peu près inspirée d'une histoire vraie. On revient sur les libertés prises par Disney pour raconter cette folle histoire, et sur ce que sont devenus ses acteurs.

Rasta Rockett, sorti dans les cinémas français en avril 1994, est un de ces grands succès des années 90. Mais sa réussite, sur le papier, n'était pas jouée d'avance. Produit et distribué par Disney, le film raconte l'improbable participation de la Jamaïque aux épreuves de bobsleigh des Jeux Olympiques d'Hiver de 1988. Dans ce pays qui ne jure que par le sprint et où il ne neige jamais, cette histoire est bien plus qu'anecdotique. Et cette aventure est rendue instantanément populaire par une large couverture des médias américains, donnant conséquemment l'idée d'en faire un film. Avec 15 millions de dollars de budget, il en remportera presque 155 millions au box-office mondial. Rasta Rockett est diffusé ce soir sur W9, l'occasion de revenir sur l'adaptation très libre de cette histoire et sur ce qu'est devenu son casting.

Disney, tout pour le rire et l'émotion

Rasta Rockett, réalisé par Jon Turteltaub est drôle, enthousiasmant, et utilise la thématique éprouvée des losers magnifiques. Emmenés par un entraîneur à la retraite après avoir été mêlé à des affaires de tricherie, les bobsleighers jamaïcains ne connaissent strictement rien à ce sport, et ne sont pas du tout enclins aux conditions climatiques requises pour sa pratique. Pour faire de cette équipe olympique montée à l'arrache une bande attachante et sous tension, Disney s'est permis de prendre quelques larges libertés sur la réalité des faits.

En premier lieu, un des rôles principaux, celui de l'entraîneur Irving "Irv" Blitzer, interprété par John Candy, est inventé de toutes pièces. En effet, l'équipe de 1988 avait d'une part plusieurs entraîneurs, et d'autre part aucun d'eux n'avait été accusé de tricheries. C'est cependant un des arguments forts de l'histoire de Rasta Rockett, qui est aussi une histoire de rédemption et d'amitié.

Ensuite, contrairement à ce qui est montré dans le film, les membres de l'équipe de bobsleigh ne sont pas des sprinteurs recalés des qualifications olympiques. Si, dans la réalité, deux d'entre eux sont bien des sprinteurs, ils sont surtout tous issus de l'armée, la Force de Défense Jamaïcaine, vers laquelle le comité olympique s'est tourné pour trouver des volontaires.

Rasta Rockett est une comédie, truffée de punchlines et de scènes cultes qui sont essentiellement tirées de l'imagination des auteurs et conçues pour faire rire. Mais à l'origine, le film devait plutôt être à ranger du côté du drame, avec un budget très conséquent, chez Columbia Pictures. Passé chez Disney, le film devient une comédie, et les premiers choix du casting sont ambitieux : Denzel Washington, Eddie Murphy, Wesley Snipes et Marlon Wayans sont pressentis. Finalement, le choix se porte sur des acteurs quasi inconnus : Leon Robinson (Derice Bannock), Doug E. Doug (Sanka Coffie), Malik Yoba (Yul Brenner) et Rawle D. Lewis (Junior Bevil).

Qu'est devenu le casting du film ?

26 ans après la sortie du film, les acteurs de Rasta Rockett ont connu des fortunes diverses. À commencer par John Candy, acteur et humoriste canadien, et seule personnalité très connue au moment de la production du film. puisqu'on avait pu le voir notamment dans Splash et JFKEntraîneur et mentor iconique de Rasta Rockett, il meurt d'un arrêt cardiaque le 4 mars 1994, soit un mois avant la sortie française du film.

Pour Leon Robinson, plus connu connu sous le simple nom de "Leon", l'après-Rasta Rockett est réussi, avec des rôles dans des films comme Cliffhanger et Buffalo Soldiers. Mais surtout, il est Jefferson Keane, personnage important de la série culte Oz. Il est par ailleurs le chanteur et compositeur du groupe de reggae Leon & The Peoples. Il tourne toujours pour la télévision et le cinéma, mais dans des productions de seconde zone.

Doug E. Doug, "Sanka" dans Rasta Rockett, aura incarné le personnage le plus identifié du film, avec sa partition comique très réussie. Il est remarqué par Bill Cosby qui lui offre un rôle pour les quatre saisons du show Cosby. Il se fait ensuite rare, apparaissant ça et là dans la série Justified, dans le film Arac Attack, ou encore s'essayant à la réalisation en 2000 avec Citizen James. Il prête en 2004 sa voix à Bernie dans la VO de Gang de requins. On l'a vu pour la dernière fois dans la série Brown Nation.

Malik Yoba, suite à Rasta Rockett, a tourné dans Smoke et Copland. C'est à la télévision qu'il se fera surtout une place, avec le premier rôle de la série New York Undercover, puis des apparitions dans plusieurs séries, dont la première saison d'Empire. Il est aussi à l'affiche de la première saison de Designated Survivor. Il continue à apparaître dans des séries et des films qui franchissent très rarement l'Atlantique...

Rawle D. Lewis est sans doute celui qui s'est fait le plus discret sur les écrans. Mis à part Agent zéro zéro, K-Pax et Hybrids en 2015, et des apparitions dans deux sitcoms, pas grand chose à se mettre sous la dent. Et pour cause, Rawle D. Lewis consacre beaucoup de son temps à ses tournées de stand-up, tout autour du monde.