En 1996, lorsque Jean-Jacques Annaud lance le tournage de son film "Sept ans au Tibet", il n'imaginait pas les contraintes que la popularité mondiale de son acteur Brad Pitt allait faire peser sur la production...
Sept ans au Tibet, le grand film d'aventure de Jean-Jacques Annaud
En septembre 1996, Jean-Jacques Annaud entame le tournage d'une ambitieuse production, dotée d'un budget de 70 millions de dollars et d'un casting international dont Brad Pitt est la star : Sept ans au Tibet. Ce film est l'adaptation du livre autobiographique de Heinrich Harrer, alpiniste autrichien fait prisonnier au début la Seconde Guerre mondiale alors qu'il se trouve en Inde, dans le cadre d'une expédition commanditée par le Troisième Reich. Il s'évade en 1944 avec son compagnon Peter Aufschnaiter. Leur errance les conduit à Lhassa, au Tibet, où Heinrich Harrer se lie d'amitié avec le jeune dalaï-lama. Il y restera jusqu'en 1951.
Le tournage de Sept ans au Tibet a été compliqué, notamment en raison de la situation géopolitique très tendue entre le Tibet et la Chine. Les prises de vues ne pouvant être réalisées au Tibet, la production s'est alors installée en Inde. Mais suite à des problèmes de licences et de calendrier - Jean-Jacques Annaud a toujours suspecté à ce sujet des pressions de la Chine -, le tournage se déplace en Argentine, qui propose des paysages semblables à ceux de la chaîne de l'Himalaya. Mais là, loin de toute complexité politique, c'est un autre problème qui se pose : l'ultra-popularité de Brad Pitt.
Jean-Jacques Annaud : "Brad est parti par la fenêtre des chiottes"
En 1996, Brad Pitt est déjà une superstar d'Hollywood et une icône planétaire. Son enchaînement Entretien avec un vampire, Légendes d'automne et Seven a marqué les esprits, et il ne peut pas faire un pas dans la rue sans déclencher une émeute. Jean-Jacques Annaud racontait ainsi, dans une longue interview au sujet de Sept ans au Tibet, que les fans venus pour Brad Pitt avaient bien compliqué la production.
On tournait dans un petit village, Uspallata. (...) Il y avait un petit bistrot. Quand Brad est arrivé, je l'ai invité là. Au moment où on finit de commander, j'entends quelque chose. Deux bus venaient d'arriver, garnies de jeunes filles qui avaient fait le chemin depuis Buenos Aires. Elles se sont collées immédiatement contre la vitre. J'ai eu peur qu'elle explose ! C'était une telle folie que Brad est parti par la fenêtre des chiottes. J'ai fait diversion en sortant par la porte principale, mais ça m'a pris une heure ! Je suis rentré dans ma voiture par la fenêtre arrière...
Il y avait entre 100 et 200 paparazzi qui campaient en face du camp militaire où nous avions mis Brad. Un camp gardé par des mitrailleuses. Mais les jeunes filles s'en foutaient des mitrailleuses, elles savaient bien que les soldats n'allaient pas leur tirer dessus. Donc elles envahissaient le camp militaire, qu'on a été obligé d'encercler par des fils de fer barbelés, aux frais de la production. Ça a coûté 450 000 francs de faire clore ce camp militaire, afin uniquement de protéger Brad.