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Jean-Pierre Darroussin nous parle de Gloria Mundi et des films de sa vie !

Jean-Pierre Darroussin est un de ces acteurs au visage rassurant, dont la bonté traverse l’écran dans la plupart des rôles qu’il incarne. C’est sans surprise le cas dans « Gloria Mundi », le dernier film de Robert Guédiguian. À cette occasion, nous avons pu rencontrer l’acteur, et discuter avec lui des films qui sont chers à son cœur.

À propos de Gloria Mundi

Comment Robert Guédiguian, avec qui vous avez joué 17 fois, vous a-t-il présenté ce nouveau rôle pour Gloria Mundi ?

En me demandant si j’étais libre à la période du tournage ! D’ailleurs il ne me le demande même pas, il me présente l’affaire en me disant « bon, on va faire un film à cette date-là ». Ensuite, il m’envoie le scénario, et parfois je fais des petits retours – mais de moins en moins. Puis il vient chez moi pour qu’on essaie des costumes. J’ai l’habitude de garder toutes les fringues de mes rôles avec lui, dans un petit endroit à la campagne. On farfouille là-dedans et on essaie de constituer le personnage à partir de ça.

Pour ce film, la Régie Autonome des Transports Marseillais a voulu voir si j’étais capable de conduire un autobus. J’ai donc fait quelques essais sur le port, dans des endroits en dehors de la circulation. En général, je n’ai pas de problème pour conduire, des moissonneuses batteuses comme des motos. Je suis un conducteur né, j’appartiens à une époque où la première chose qu’on pouvait faire dans la vie c’était conduire, c’était notre liberté.

Vous incarnez un personnage rempli de bonté et d’humanisme, comme souvent dans votre carrière. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle, celui d’un père et d’un grand-père ?

Il y a quelques belles scènes avec ce personnage, mais ce qui m’a plu essentiellement, je dois le reconnaître, c’était de conduire des autobus dans Marseille (rires) ! Après, une fois le film fini, on en tire une réflexion, des éléments de langage, de transmission, de pensée. Le film est fait pour ça : il se demande, que pense-t-on de ce qu’on vit à l’heure actuelle ? Je m’inscris à l’intérieur de ce travail de réflexion, pour participer à cette interrogation.

De Yasujiro Ozu à Walt Disney

Avez-vous un film culte préféré ?

Je ne sais pas s’il est culte, mais si je veux être radical, le film qui me touche le plus de l’historie du cinéma est Voyage à Tokyo d’Ozu. Je pourrais bien sûr en citer dans d’autres genres : Voyage au bout de l’enfer, Le Parrain, Cinq Soirées, et Scènes de la vie conjugale de Bergman.

Et au contraire, est-ce qu’il y a un film considéré comme culte que vous n’aimez pas ?

Oui, il y a quelques films je dirais, générationnels, des films dont une génération s’empare, en connaît tous les dialogues, et dont vingt ans après on se dit « ça valait pas tant le coup que ça ! ». Donc je n’en cite pas, c’est un ensemble de films quoi !

Est-ce qu’un film a marqué votre enfance ?

Je pourrais le mettre aussi dans mes films cultes : Le Voleur de bicyclette, La Chevauchée fantastique (que j’ai dû voir je ne sais combien de fois à la télévision quand j’étais gamin), et La Règle du jeu, que j’ai vu aussi énormément. Quoi d’autre ? On peut aller du côté de Blanche Neige, tout ça. Mais ça m’impressionnait moins à l’époque que quand je les revoie aujourd’hui : maintenant, il y a un facteur nostalgique en plus. Evidemment, je chiale devant Le Livre de la jungle

Connaissez-vous par cœur les répliques d’un film ?

Pas du tout ! Parce que d’abord, franchement, je ne suis pas de cette génération. J’étais déjà assez âgé quand il y a eu les magnétoscopes … Il y a très peu de films que j’ai pu revoir un boucle, dont j’ai pu apprendre les dialogues par cœur. Je pense que l’appellation film culte a commencé à exister vers la fin des années 80, une époque à laquelle le monde a commencé à se fragmenter, par volonté de croissance peut-être, les gens ont commencé à se diriger vers des valeurs refuges. On assiste dès lors à des engouements qu’on ne voyait pas avant. Je n’ai jamais entendu parler de films cultes dans les années 70. J’appartenais à un milieu populaire, en banlieue, mais les films cultes c’était plutôt Andrei Rublev ou, plus décalé, Themroc

« Ce qui m’intéresse, c’est les gens »

Peut-être pour utiliser un autre terme que « film culte », est-ce qu’un film classique ne l’est que pour vous ?

Certains films naissent classiques. Match Point de Woody Allen est par exemple très réussi comme film d’Hitchcock ! Tiens, en parlant d’Hitchcock, je ne suis pas très sensible à son cinéma. Je trouve les dialogues un peu forcés. Bon, c’est pas mal hein ! Mais ce n’est pas mon cinéaste culte … après, il faut dire que je ne suis pas passionné par les trucs policiers, les enquêtes…

Ce qui m’intéresse, c’est les gens. Par contre, tout ce qui est policier, ou encore pire dans l’espace… Enfin, il y a de beaux films dans l’espace, j’ai vachement aimé Ad Astra, un film très lyrique, très beau. Il y en a des beaux films de science-fiction, mais la plupart du temps je m’ennuie quand il y au un peu trop d’effet, je m’éloigne des gens. Dès qu’il y a un peu trop d’industrie dans le cinéma, et bien il y a moins d’humains, et ça se ressent … j’aime bien les petits films !

Justement, en termes de films humains, est-ce qu’il y en a certains qui vous font particulièrement pleurer ?

Oui, ça m’arrive souvent ! Des documentaires peuvent tout aussi bien me faire pleurer qu’un film de fiction. Le dernier film de Ken Loach, justement, comment s’appelle-t-il …

Sorry we missed you !

Oui, Sorry we missed you… C’est un peu difficile pour moi, je ne suis pas très bon avec l’anglais ! C’est un film d’une modestie extraordinaire, magnifique, il n’y a aucun ego de metteur en scène. Ken Loach dit « regardez les gens, regardez-les vivre ».

C’est marrant, je trouve justement que Gloria Mundi fait penser à un film de Ken Loach

Oui, je suis assez d’accord, c’est le plus « Loachien » des films de Robert [Guédiguian].

Dans un autre registre, il y a-t-il des films qui vous font particulièrement rire ?

Des films comiques ? Les Temps Modernes. Je le revois régulièrement, et à chaque fois ça me fait rire aux mêmes endroits. Toute cette époque-là, Keaton, Chaplin, tout ce qui est de l’ordre du clown, me fait rire. Quand Chaplin fait du patin à roulettes les yeux bandés au bord du précipice, on est dans l’essence même du comique.

Vous aimeriez plus jouer dans des comédies françaises ?

J’aime faire mon métier, que ce soit dans des comédies ou des tragédies ! Peu importe le style, je n’ai pas de préférences. J’ai simplement des personnages à défendre.

Enfin, y a-t-il un film culte, un classique pour vous, dans lequel vous aimeriez vivre ?

(Réfléchit longuement) Oui, je pourrais être un personnage de Cars peut-être !

Jean-Pierre Darroussin est à l’affiche de Gloria Mundi (retrouvez ici notre critique) un film de Robert Guédiguian, en salles le 27 novembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

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