Les Petits mouchoirs sur M6 : Guillaume Canet a vécu un terrible drame le jour de la sortie

Lors de sa sortie en 2010, "Les Petits mouchoirs" réunit plus de 5,4 millions de spectateurs en France. Un succès dont Guillaume Canet n’a pas pu profiter à cause d’un drame qui fait écho au film.

Les Petits mouchoirs : mes meilleurs copains

Vincent, François, Paul et les autres..., Mes meilleurs copains, Un éléphant ça trompe énormément… En 2010, Guillaume Canet s’inscrit dans la lignée de films cultes sur l’amitié avec Les Petits mouchoirs. Pour cette comédie dramatique, le réalisateur réunit plusieurs de ses proches, parmi lesquels Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Jean Dujardin, Anne Marivin ou encore Laurent Lafitte.

Le long-métrage s’ouvre sur un accident de la route. À la sortie d’une boîte de nuit parisienne, Ludo (Jean Dujardin) enfourche son scooter et est percuté par un poids lourd quelques secondes plus tard. Entre la vie et la mort à l’hôpital, il reçoit très vite la visite de ses amis, sous le choc. Ces derniers décident malgré tout de partir comme chaque année en vacances au Cap Ferret dans la maison de Max (François Cluzet) et Véronique (Valérie Bonneton).

Mais ce séjour marqué par l’inquiétude et les remords ne sera pas comme les autres. Rapidement, les règlements de comptes et disputes éclipsent la bonne humeur… Benoît Magimel, Pascale Arbillot et Joël Dupuch forment les autres membres de cette bande qui se retrouve neuf ans plus tard dans Nous finirons ensemble.

Guillaume Canet "à deux doigts de devenir Hulk"

Projet basé sur plusieurs expériences personnelles, dont une hospitalisation où il n’a reçu quasiment aucune visite, Les Petits mouchoirs est particulièrement difficile à concevoir pour Guillaume Canet. Durant l’écriture, le cinéaste est notamment victime de paralysie faciale pendant un mois et demi. Si la construction du film s’avère thérapeutique, elle est aussi douloureuse pour le réalisateur, ainsi que pour ses comédiens.

De plus en plus "obsessionnel" au cours du tournage, comme il l’explique lui-même pendant la promotion, Guillaume Canet met les nerfs de ses acteurs à rude épreuve. Interrogé par Studio CinéLive en 2010 à propos des moments de tension, Gilles Lellouche se souvient :

Pour être honnête, parfois, tellement il était fou, j'avais envie de lui éclater la tête à coups de pavé. Mais, à sa décharge, nous, on était huit, on parlait, on était entre nous, tranquilles, à table ; on était dans une certaine humeur, et lui était seul derrière son combo, à nous donner des directions. Tout ça, c'était un bordel dans sa tête et un sentiment d'exclusion parce que si nous, on vivait des vacances indirectes - quoique, pour le coup, je vous assure ce n'était pas du tout des vacances -, lui, non. Un jour, sur le bateau, il était à deux doigts de devenir Hulk !

Il ajoute avec humour :

Quelquefois, je fumais une clope, tranquille, et j'entendais : "Gilles, ferme ta gueule !" (Rires)

https://www.youtube.com/watch?v=CCVTtzPykVg

Afin d’assurer des prises de plusieurs minutes, Guillaume Canet tourne avec plusieurs caméras, permettant à ses comédiens de se laisser aller pour obtenir des scènes "réalistes et authentiques". Mais en raison des imprévus et à force de vouloir tout contrôler sur son plateau, le réalisateur devient "exécrable". À tel point que ses acteurs doivent mettre les choses au clair pour le calmer, selon ses dires. Au cours de cet entretien pour le magazine, Benoît Magimel tient néanmoins à relativiser et assure :

On s'est quand même éclatés, ce n'était pas la guerre non plus.

"Je suis passé à côté du succès du film"

Il est donc facile d’imaginer le soulagement de Guillaume Canet une fois la postproduction du film terminée. Cependant, le 20 octobre 2010, jour de la sortie, le cinéaste est frappé par une nouvelle qui fait écho aux Petits mouchoirs. Interviewé par Nikos Aliagas pour l’émission 50’ Inside en 2018, le réalisateur déclare :

Le film était inspiré de la perte d'un ami... Le jour de la sortie du film, j'ai appris la mort d'un autre ami de la même bande qui est mort en moto dans les mêmes conditions. Pour moi, la sortie du film a été complètement cacophonique. Je suis passé à côté du succès du film (qui a réuni plus de 5,4 millions de spectateurs, ndlr) et j'ai fait un rejet pendant longtemps.

Un rejet qu’il parvient à surmonter en redécouvrant le long-métrage avec du recul à la télévision. Ce qui lui donne d’ailleurs envie de plancher sur la suite, Nous finirons ensemble.