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Maléfique 2 : faites-vous pousser des ailes en Blu-ray

« I know you, that look in your eyes is so familiar a gleam. » Eh bien, eh bien ! Maléfique atterrit chez vous en Blu-ray, six ans après sa première envolée au cinéma. Malgré des résultats relativement décevants au box-office, il serait dommage de bouder le plaisir de revoir la charismatique Angelina Jolie enfiler le costume de l’une des plus grandes méchantes de l’histoire de Disney.

Pour cette suite, Joachim Rønning (Max Manus : Opération sabotage) s’octroie la place laissée vacante par le cinéaste Robert Stromberg. Maléfique 2 n’est cependant pas abandonné par l’équipe du volet original puisque le film marque le retour de la scénariste Linda Woolverton, toujours fidèle au studio aux grandes oreilles depuis La Belle et la Bête en 1991. À elle s’est joint le tandem Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster d’Un ami extraordinaire (2019). Ce travail d’équipe ne provoqua malheureusement pas de miracle puisque le long-métrage a reçu un accueil critique assez brutal. Cela ne l’a néanmoins pas empêché d’empocher 491,7 millions de dollars à l’international (contre 758,4 pour son aîné) et une nomination aux Oscars pour les Meilleurs Maquillages et Coiffures. Pas mal vu les circonstances.

Maléfique – Le Pouvoir du Mal : présentation et critique

Scénario ★★☆☆☆

La malédiction pesant sur la princesse Aurore (Elle Fanning) appartient au passé lorsque le prince Philippe (Harris Dickinson) lui demande sa main. Cette union n’est pas au goût de sa marraine, Maléfique (Angelina Jolie), re-diabolisée par les ragots, selon laquelle « l’amour finit toujours mal ». Pourtant, elle ne peut refuser de participer aux présentations avec la belle-famille où elle a été conviée, à son plus grand désarroi. Sourire, ne pas décevoir, faire bonne impression et ne pas nourrir les mauvaises langues pour éviter d’embarrasser la future reine. En l’absence de provocations de la part d’Ingrith (Michelle Pfeiffer), la mère du jeune homme, peut-être y serait-elle parvenue. Le repas se termine en cauchemar tandis que le roi John (Robert Lindsay) est empoisonné. Qui d’autre que la fée noire aurait pu accomplir un acte si machiavélique ? Seule contre tous, l’incomprise se retire avec fracas avant d’être attaquée, disparaissant sous les flots.

Parmi le casting de Maléfique : Le Pouvoir du Mal, production très classique, deux étoiles brillent plus fortement que les autres. Non, ce n’est pas le couple d’amoureux (Philippe étant tristement fade) mais les incontournables Angelina Jolie et Michelle Pfeiffer, implacable, qui se glisse ici dans la peau de la marâtre orgueilleuse comme le veut la tradition Disney. Rien ne la fait reculer pour atteindre ses sombres desseins, pas même le meurtre. Cet opus est aussi le portrait d’une protagoniste principale en souffrance, brisée par le regard d’autrui, mais qui parvient à se reconstruire en trouvant un soutien inattendu la conduisant au cœur d’une armée. Pour plus de détails concernant notre avis, rendez-vous ici.

Les éditions commercialisées

En dépit de son échec critique, Maléfique : Le Pouvoir du Mal hérite d’une sortie physique à la hauteur des dons surnaturels du personnage emblématique. Quatre supports sont ainsi édités : DVD, Blu-ray, un vertigineux Blu-ray 3D et, enfin, un Blu-ray 4K Ultra HD. Disney France fait dans l’originalité en proposant non pas un mais DEUX (splendides) steelbooks exclusifs au marchand Fnac. S’ils sont strictement identiques en matière de visuels et de suppléments, la différence réside dans les disques qui y sont proposés. Il revient donc à l’acheteur de choisir s’il préfère une galette 3D ou 4K pour accompagner le Blu-ray standard à défaut d’avoir le tout réuni dans un unique coffret. Cette situation s’est déjà présentée lors de la parution de Solo : A Star Wars Story en 2018. À cela s’ajoute un livret joliment mis en forme de plus de 70 pages plus intéressants que tous les bonus réunis.

Les plus captivés par les aventures de la fée trouveront sur le site Zavvi une version collector resplendissante limitée à 1 000 exemplaires habillée d’un étui en similicuir. Attention cependant à la possible absence de doublage et de sous-titres. En tous les cas, celle-ci est d’un tout autre gabarit que les éditions basiques françaises aux jaquettes affreuses où les logos et titres se multiplient sans la moindre préoccupation esthétique.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray, Blu-ray 3D + Blu-ray, Blu-ray 4K + Blu-ray, Coffret Blu-ray Maléfique 1 + 2 (existe en DVD), Steelbook Fnac + Blu-ray 4K + Blu-ray + Livret (existe en Blu-ray 3D)

Test Vidéo/Audio

Vidéo ★★★★★ Audio ★★★★☆

Maléfique : Le Pouvoir du Mal fonctionne à l’aide d’indénombrables fonds verts/bleus, CGI et autres manipulations numériques, ce qui représente un coût colossal même pour le studio aux grandes oreilles. Il est donc compréhensible que le master final ait été achevé en 2K mais ça n’en est pas moins navrant puisque le tournage a quant à lui été réalisé en 8K. Oui, une sacrée différence de résolution vous en conviendrez. Comment est-ce que cela se retranscrit en haute-définition ? Eh bien c’est très simple : l’image est un enchantement ! D’ailleurs, les costumes sont l’un des points forts de cette présentation tant leurs textures sont identifiables, denses, y compris ceux des personnages créés artificiellement. Et autant dire que le film propose un véritable défilé d’inventivité, de la légèreté des robes pastel d’Aurore à l’élégance froide de la tête d’affiche, en passant par les accoutrements extravagants habillant le reste de la Lande.

Le maquillage n’est pas en reste non plus et n’obstrue que rarement les restitutions des peaux accompagnées de leurs pores et autres caractéristiques. À l’opposé de la simplicité d’Elle Fanning, Angelina Jolie arbore des pommettes saillantes et un teint extrêmement pâle relevé par des lèvres d’un rouge écarlate saturé à merveille. Ses iris à la couleur changeante sont de toute beauté en Blu-ray, le passage à la HD aidant à mieux identifier les humeurs de Maléfique qui s’y reflètent.

La sensation multi-dimensionnelle est bien présente, les niveaux de noirs fonctionnent efficacement avec les contrastes lors des scènes les plus sombres, et les multiples utilisations de magie (poussière de fée, flammes vertes émises par Maléfique…) en mettent plein les yeux. Seul le Blu-ray 4K et sa fonction HDR est en mesure de ternir ces images de très bonne facture.

Le doublage français est proposé en Dolby Digital Plus 7.1, et la version originale en DTS-HD Master Audio 7.1. Pour cette dernière, l’acheteur doit par conséquent se tourner vers le format supérieur pour bénéficier de la piste en Dolby Atmos. Celle livrée ici n’est heureusement pas à jeter, loin de là, mais manque un peu de dynamisme et d’intensité pour être totalement à la hauteur de ce qui est projeté à l’écran. Le caisson de basse peu mobilisé participe à cette impression de piste un peu « plate ». Les effets surround sont malgré tout omniprésents, les sons d’ambiance bien placés dans cette scène sonore large, et les compositions de Geoff Zanelli (Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar) sont sublimes à l’oreille. En parallèle, les voix sont priorisées avec succès et restituées avec fidélité.

Test Bonus ★★★☆☆

Disney déçoit régulièrement dès que cela concerne la partie interactivité de ses supports physiques. Une fois de plus, le Blu-ray en est quasiment exempt tant les suppléments présents sont peu approfondis. Comment pourrait-il en être autrement lorsque aucun n’atteint les cinq minutes ? Le livret accompagnant les steelbooks Fnac décroche une troisième étoile pour cette édition.

  • L’origine des fées noires (03:02 min) : retour sur l’espèce de Maléfique, ses variétés et la perception que les humains lui porte.
  • Le mariage d’Aurore (02:31 min) : focus express sur l’événement de long-métrage à travers les invités, les costumes et coiffures. N’espérez pas en tirer beaucoup d’informations.
  • Si tu avais des ailes (04:15 min) : exploration de la personnalité des ailes, les diverses façons de voler, comment créer l’illusion de vol, etc.
  • Maléfique : le pouvoir des effets visuels (02:11 min) : cette courte featurette est constituée de nombreux avant/après, le premier étant capturé lors du tournage et le second étant la version finalisée après l’ajout des effets numériques. Le procédé est très brièvement mentionné et quelques anecdotes sont livrées notamment concernant les ailes des fées noires.
  • Scènes rallongées (03:41 min) : « La Reine réconforte Aurore » (02:00 min) et « Philippe et Aurore dansent » (01:32 min). En lecture séparée ou automatique.
  • Bêtisier (01:54 min) : prises loupées, gaffes, grimaces, les instants de rires du tournage.
  • « You can’t stop the girl » interprété par Bebe Rexha (02:43 min) : clip vidéo en HD.
  • Bandes-annonces : Disneyland Paris (00:32 min), En avant (01:41 min) et Mulan (01:30 min).
  • Livret illustré (72 pages) (exclusivité Fnac) : « L’histoire » (p.6), « Notes de production » (p.8), « Il était une fois » (p.10), « L’histoire continue » (p.16), « Le tournage » (p.28), « Effets visuels et effets spéciaux » (p.52), « La musique » (p.58), « Dans les salles » (p.62) et « Liste artistique et technique » (p.65).

Bilan ★★★☆☆

Maléfique : Le Pouvoir du Mal ne va pas redéfinir le genre fantastique (ni bouleverser les codes Disney) mais il propose une balade plutôt agréable dans l’univers féerique inspiré de La Belle au Bois Dormant. L’accompagnent son lot de nouveautés, des visages familiers, mais également des clichés scénaristiques et un manque de réelles surprises. Le Blu-ray est quant à lui un petit bijou auquel il ne manque que des suppléments pour envoûter définitivement les habitants de la Lande et les spectateurs.

Les éditions DVD et Blu-ray de Maléfique : Le Pouvoir du Mal sont disponibles sur Amazon et à la Fnac.