David Lynch s'inquiète des nouveaux modes de visionnage des films. Il pointe directement du doigt ceux qui regardent des films sur leur téléphone et tacle au passage Adam Sandler.
David Lynch s'inquiète pour l'industrie du cinéma
David Lynch n'est pas le cinéaste qu'on entend le plus s'exprimer dans les médias. Pourtant, ces derniers temps, le réalisateur d'Elephant Man (1980), Twin Peaks (1990-1991) ou encore Mulholland Drive (2001) fait un peu parler de lui. Mais malheureusement pas au sujet d'une nouvelle réalisation - la dernière remonte à 2017 avec la saison 3 de Twin Peaks.
Récemment, il s'est par exemple montré très honnête en affirmant qu'il n'avait aucune envie de voir le Dune de Denis Villeneuve, ayant toujours l'échec de sa version en travers de la gorge. On a également appris qu'il sera présent au Festival de Cannes pour participer à une table ronde intitulée "L'art de la musique de film".
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Mais avant cela David Lynch s'est entretenu avec les Cahiers du Cinéma pour discuter de l'industrie du cinéma. Et son constat n'est pas rassurant. Pour lui, les longs-métrages ont été remplacés par les séries. Et en partie à cause du Covid, le public se déplace de moins en moins dans les salles de cinéma. Dès lors, cela se ressentirait dans les productions.
Avant, les films étaient conçus pour le grand écran, pour de bonnes enceintes. On pouvait s'asseoir et vraiment avoir l'impression de découvrir un monde nouveau. Mais tout ça, c'est de l'histoire ancienne ! C'est inquiétant.
Lâchez vos téléphones, sauf pour Adam Sandler
David Lynch poursuit son analyse en pointant du doigt l'accès à des programmes sur des "tout petits écrans". Pas sur des écrans de télévision, mais désormais sur des téléphones. Et pour le réalisateur, voir un film dans ces conditions, cela revient à ne rien voir du tout.
Maintenant, plein de projets sont vus sur des téléphones et des tablettes. Les gens pensent avoir vu le film, alors qu'ils n'ont rien vu du tout : c'est triste.
On pourrait alors répondre à David Lynch qu'il fut un temps où les téléviseurs n'étaient pas bien grand et n'offraient pas une excellente qualité d'image, ce qui n'a pas empêché certains de découvrir de grandes œuvres. Sauf que le réalisateur prend les devant en admettant avoir grandi "en regardant des classiques sur une assez petite télévision", et donc en nuançant ses propos.
À l'époque, lorsqu'il avait 12-13 ans, l'important n'était alors pas d'avoir "une image et un son correct", mais qu'une "bonne histoire" soit racontée. Cependant, David Lynch insiste sur le fait que, lorsqu'on en a l'occasion, il est préférable de regarder un film au moins sur un écran de télévision. "Vous n'avez pas d'excuse" affirme-t-il, avant qu'Adam Sandler ne prenne une balle perdue :
Si on parle d'une comédie Netflix avec Adam Sandler. Dans ce cas de figure, allez-y (regardez sur votre téléphone, ndlr), rien ne sera perdu.
L'intégralité de l'interview est à découvrir dans le numéro d'avril des Cahier du Cinéma.