"La Zone d'intérêt" de Jonathan Glazer se paie le luxe de mieux démarrer au box-office que le blockbuster "Argylle" de Matthew Vaughn avec moitié moins de copies. Des chiffres épatants pour cette proposition de cinéma radicale.
La Zone d'intérêt premier des nouveautés
Grand Prix du dernier Festival de Cannes, La Zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Under the Skin) suscité un vif intérêt de la part du public français. Alors que le blockbuster d'action à 200 millions de dollars, Argylle, débutait également son exploitation ce mercredi 31 janvier, il s'est incliné devant la proposition radicale de Jonathan Glazer au terme de son premier jour.
Ainsi, La Zone d'intérêt a totalisé 26.512 entrées sur 266 copies, avec un cumul de 45.002 entrées en comptant les avant-premières. Argylle, quant à lui, n'a attiré que 36.917 spectateurs (dont 13.581 lors des avant-premières) sur 600 copies. Un gros coup dur pour Warner Bros. qui devrait néanmoins pouvoir se rattraper durant le week-end.
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Une proposition radicale
Un exploit donc pour le film de Jonathan Glazer, qui a proposé une vision radicale de l'Holocauste grâce à un dispositif qui ne montre jamais les images d'Auschwitz, mais se concentre sur la vie de la famille du commandant du camp, Rudolf Höss. Un travail dantesque a été fait sur le son du long-métrage, pour que toutes les horreurs se déroulant de l'autre côté des barbelés, parviennent aux oreilles des spectateurs, et déclenchent ainsi des visions macabres, sans pourtant jamais rien montrer.
Concernant les prises de vues à l'intérieur de la maison des Höss, Jonathan Glazer avait installé diverses caméras pilotées à distance, pour qu'il n'ait ainsi pas à interagir avec les comédiens, et qu'ils parviennent à instaurer une intimité, et une banalité dans cette vie de famille.
La Zone d'intérêt a connu un beau parcours, puisque après son Grand Prix à Cannes, le film a également obtenu cinq nominations aux Oscars 2024, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Jonathan Glazer, et du meilleur film international.
Après le succès d'Anatomie d'une chute, sacré Palme d'Or, c'est donc bien parti pour qu'un autre film cannois connaisse un très beau succès en salles en France. Petite anecdote : Sandra Hüller joue dans les deux films.