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Cannes 2019 : nos films les plus attendus de la sélection

C’est le 18 avril que Thierry Frémaux et Pierre Lescure se sont dressés face à une armée de journalistes pour lever le voile sur la Sélection Officielle du 72ème Festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai prochain. Quels sont les films que l’on attend le plus ?

Avant même que la Sélection ne soit révélée, on bavait sur les premiers noms pressentis à Cannes. Quentin Tarantino, Terrence Malick, les frères Dardenne, Xavier Dolan, James Gray… Nous étions en droit de se dire que ce cru 2019 serait exceptionnel. Et si au final certains réalisateurs attendus ne sont pas au rendez-vous (ou en retard, comme probablement QT), cette édition s’annonce enthousiasmante. Un mélange entre des anciens indéboulonnables et des nouvelles têtes qui entendent bien prétendre décrocher le plus prestigieux des prix cannois. Découvrez les films que l’on attend le plus et, surtout, pourquoi on les attend ! 

À noter que cette liste ne concerne que la Sélection Officielle, et ne prend pas en compte les compétitions parallèles que sont la Quinzaine des Réalisateurs, La Semaine de la Critique et l’ACID.

Matthias & Maxime, réalisé par Xavier Dolan

Le prodige est de retour. Il a fait parler de lui cette année en délivrant son premier essai à Hollywood, Ma Vie avec John F. Donovan. Découvert à Cannes alors qu’il n’était qu’un jeune loup inconnu, Xavier Dolan a depuis installé son style dans le paysage cinématographique mondial. Lors de son dernier passage sur la Croisette, il était reparti « qu’avec » un prix du jury, décerné ex-aequo à Jean-Luc Godard. Dolan n’avait pu cacher sa déception, lâchant un discours vraisemblablement taillé pour un prix plus important. On craignait que sa relation avec Cannes soit un poil écornée, lui qui aspire à décrocher une Palme d’or dans sa carrière.

Le voilà de retour avec Matthias & Maxime. Tourné assez rapidement, le film dépeint la relation entre deux meilleur amis qui vont se découvrir une attirance mutuelle. Pas de grandes stars américaines ou francophones, Dolan s’entoure d’Anne Dorval et d’un casting moins connu. On le reverra même devant la caméra pour camper l’un des deux rôles principaux. Il semble renouer avec le cinéma de ses débuts, où il se mettait en scène dans des histoires minimalistes. Ce n’est pas tant l’attente autour d’un hypothétique prix qui justifie la présence du film dans cette liste, mais juste le plaisir de savoir que l’on va bientôt revoir une nouvelle proposition de quelqu’un d’aussi intéressant que Dolan.

Parasite, réalisé par Bong Joon-Ho

Son incartade mineure sur Netflix avec Okja est de l’histoire ancienne. Autant pour le comité de sélection du Festival que pour nous. Teasé quelques semaines avant l’annonce de la Sélection, Parasite n’a pas manqué d’éveiller notre curiosité. On y découvrira deux familles. L’une pauvre, l’autre riche. La première épie la seconde, envieuse de connaître son train de vie. Un incident va réunir ces gens que tout oppose et les plonger dans une histoire inquiétante. 

Le plus grand réalisateur sud-coréen nous prépare encore un cocktail qui va mêler tons et genres. Son ambiance angoissante n’est qu’un atout pour nous aspirer au sein d’une réflexion sur la famille et la lutte des classes, comme c’était déjà la cas dans le remarquable The Host. On aimerait tant vous en parler plus, mais la promotion se montre volontairement énigmatique pour préserver les secrets du scénario.

Bacurau, réalisé par Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Évoquer Aquarius et Les Bruits de Recife devraient suffire à vous faire comprendre pourquoi on attend de voir le nouveau film du brésilien Kleber Mendoça Filho, co-réalisé avec Juliano Dornelles. Son cinéma d’une sensibilité inouïe mélange une approche réaliste et des écarts oniriques sublimes. Bacurau n’y manquera pas en racontant la virée d’un documentariste dans un petit village au nord du Brésil. Son travail va être perturbé lorsqu’il découvre que cette communauté est plus menaçante que prévue. Le film aura un pied dans le cinéma de genre à première vue mais va poser un regard d’ethnologue sur un pan de la population brésilienne.

La projection dans le Grand Théâtre Lumière est déjà pour nous l’un des prochains temps forts de cette édition 2019.  En espérant, s’il est à la hauteur, qu’il reparte avec un prix. On a toujours du mal à digérer que Aquarius ait quitté Cannes sans même la plus petite des récompenses possibles. Une aberration, Mendonça étant le plus brillant observateur des mouvements de la société brésilienne.

Too Old to Die Young, série de Nicolas Winding Refn

On triche légèrement sur ce coup en ne citant pas un film. Ne nous en voulez pas. Comment passer sous silence la présence Hors-Compétition de Nicolas Winding Refn avec Too Old to Die Young ? Le formaliste danois travaille depuis des mois sur sa série. Les quelques images vues dans les teasers nous mettent l’eau à la bouche puissance mille ! Le cinéaste n’a rien perdu de sa rigueur formelle, de son amour pour les plans ultra-composés et de son habileté à bâtir des ambiances envoûtantes. Nous aurons le plaisir de voir deux épisodes (le 4 et le 5) avant sa diffusion en juin sur Amazon Prime.

Miles Teller incarne dedans un policier endeuillé par la mort de l’un de coéquipiers. Il erre dans les bas-fonds de Los Angeles, voyant défiler mafieux, yakuzas, assassins et cartels. Un monde qui n’est que violence. Lorsqu’on sait à quel point celle-ci est un motif récurant dans le travail de Refn, on ne sera pas trop dépaysé. Outre le prolongement de ses obsessions, c’est le changement de format qui nous intrigue. Une série étant bien différente structurellement d’un film, on attend de voir comment Refn va se prêter à l’exercice.

The Gangster, The Cop, The Devil, réalisé par Lee Won-tae

Notre annuelle dose de cinéma coréen en Séance de minuit. Une tradition qui réserve toujours de bons moments. Le film de Lee Won-tae annonce son programme dès son titre : The Gangster, The Cop, The Devil. Suffisant pour donner envie, non ? Si ce n’est pas le cas, attendez de voir le pitch ! Un chef de gang est ciblé par un dangereux serial-killer fou. Lors d’une attaque de sa part, il est le seul à en ressortir vivant. Pour survivre et stopper son assaillant, il devra collaborer avec un inspecteur n’appréciant pas les malfrats dans son genre. 

The Gangster, The Cop, The Devil semble s’inscrire dans la continuité des polars coréens survoltés qui nous enchantent depuis des années. Sans concession, violents, aptes à vous foudroyer avec des ruptures de tons fulgurantes. Ce ne sera sûrement pas le plus grand film de Cannes. En revanche il est bien positionné pour être l’un de ceux qui va nous fournir le plus de plaisir. Et on ne vous cache pas que ça fait du bien entre un Ken Loach et un Dardenne !

Le Jeune Ahmed, réalisé par Luc et Jean-Pierre Dardenne

Habitués à fouler le tapis rouge cannois, les frères belges reviennent avec un film, comme toujours, dans l’ère du temps. Pas question de délaisser leur cinéma social adoré avec Le Jeune Ahmed, récit d’un ado de 13 ans qui sombre dans la radicalisation à cause de son rapport erroné à l’islam. On ne peut faire plus actuel comme sujet brûlant. C’est justement pourquoi le film fera forcément parler de lui après sa projection. Les Dardenne ont prouvé par le passé qu’ils excellaient dans ce type de cinéma. Si leur mode opératoire formel ne change guère, l’intelligence de leurs scénarios et le traitement de thèmes contemporains sont les principales pièces de leur art. Sans oublier la direction d’acteur, un domaine qu’ils maîtrisent à la perfection. Ils seront scrutés car en course pour s’adjuger une troisième Palme d’or. À noter que le film sortira le 22 mai dans les salles françaises, en même temps que la projection cannoise.

Une Vie Cachée, réalisé par Terrence Malick

Le meilleur pour la fin ? Du moins, l’un des plus attendus. Terrence Malick n’est plus venu à Cannes depuis sa Palme d’or pour The Tree of Life en 2011. « Une Vie Cachée n’est pas un film de guerre, mais sur la guerre » dixit Thierry Frémaux durant la conférence de presse. Ce qui veut tout et rien dire, encore plus pour Malick, dont le cinéma jouit d’une extreme liberté. Une Vie Cachée reprendra l’histoire vraie de Franz Jägerstätter, opposant engagé au régime hitlérien dans les années 40, que les nazis ont réussi à faire exécuter. Des dizaines d’années plus tard, Benoit XVI l’a érigé en martyr.

Ce n’est pas dit qu’on prenne notre pied devant ce gros morceau de 3 heures (le film le plus long de la Sélection), surtout si Malick ne trouve pas les clés pour renouveler un cinéma en perte de vitesse. Cinéaste clivant mais ô combien important, le savoir de retour aux affaires à Cannes ne peut laisser indifférent.

Bonus : Le Daim, réalisé par Quentin Dupieux

La Sélection de la Quinzaine des Réalisateurs n’a pas encore été annoncée, mais on se permet quand même de parler déjà du Daim, officialisé en ouverture. L’inclassable artiste français embarque Jean Dujardin dans un de ses délires. Le film raconte comment un homme, Georges, plaque tout du jour au lendemain pour s’offrir un blouson en daim. Un cadeau qui a un coût et qui va surtout le faire sombrer dans la folie, l’amenant sur le chemin sinueux de la criminalité. Le cinéma de Quentin Dupieux est bien trop précieux et singulier pour que l’on ne s’y intéresse pas.

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